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mardi 4 août 2020

Triangle aux barbules

Mardi 4 août 2020. Afin de dépasser le désenchantement que j’ai expérimenté l’avant-veille à Egry (le vent du NO soutenu sous un ciel bleu régulièrement voilé par des cirrus, nous avait retranché dans nos réserves pour décoller en remorqué sans assistance, tandis que peu avant 16 heures, le ciel au-dessus d’Egry et vers le sud-ouest s’était complètement dégagé en cirrus, ce qui avait permis la formation de centaines de cumulus hauts perchés et généreux ; c’était magnifique, et même à faire rêver, surtout en étant au sol ; le ciel est resté plus clairsemé vers le nord-ouest, et toujours chargé en cirrus + cumulus vers le sud-est), j’ai décidé de retourner sur les lieux de la frustration, avec cette fois-ci de meilleures augures quant aux conditions aérologiques. Michel a accepté bien volontiers de retourner au terrain pour me remorquer.

Les prévis indiquaient quelques cumulus entre midi et 14h, puis un ciel tout bleu avec des plafonds jusqu’à 2000 m et un vent faible du NNO. Pas de quoi rameuter les troupes du sud-ouest, qui guettaient une belle journée dans le Loiret pour tenter de réaliser un triangle, au départ de Saint Benoît ou d’Egry. Non, j’ai juste pensé que la journée serait une nouvelle occasion de travailler le vol sur la campagne en thermiques purs, avec quand même plus de plafond que lors du dernier vol du 29 juillet.

Mais la masse d’air s’était bien rafraîchie, et le ciel du Gâtinais, ainsi que plus au sud vers Loire, s’est généreusement pavé de beaux nuages toute la journée. Ce fut splendide, et inattendu ! Décollage vers midi et demi (une demi-heure de perdue pour cause de discussion trop longue avec Michel), avec pour objectif de la journée de réaliser à nouveau ce triangle dont je connais le cheminement par cœur (Lorris au sud, Angerville au nord-ouest, Nemours au nord-est), mais en essayant de l’agrandir si les conditions le permettent.

La première pompe m’a emmené direct à plus de 1400 m sol, mais encore en dessous de la base du nuage que je n’ai pu atteindre. C’était prometteur. Alors j’ai enquillé sans hésiter vers le sud, ou plutôt vers le SSE où les cumulus étaient plus mûrs. La base des nuages se situait vers 1700 m, extra !

Premier point de virage à 3,5 km au sud de Lorris au bout d’une heure de vol, c’était plutôt encourageant. Mais comme d’habitude dans ce secteur, la remontée en altitude a été un peu laborieuse et source d’une perte de temps. Mieux valait ne pas insister. J’étais encore assez haut pour me tirer vers le nord-ouest, où de beaux nuages me tendaient les bras. Et bien m’en avait pris, car une fois trouvé le noyau de la pompe suivante, je fus propulsé dans les barbules qui évoluaient vers 1900 m sol.

C’est toujours magique, cette sensation de voir peu à peu l’horizon se fondre dans la base des nuages, et de se retrouver aspiré dans les barbules. Revers de la médaille, il faut rester vigilant, car on peut ne pas être seul : un planeur allemand qui venait justement d’en face et qui m’avait vu en premier a plongé pour me passer en dessous… On s’est salué d’un signe de la main.

En arrivant sous un cumulus en pleine maturité, il ne fallait pas se mettre en spirale dès que le vario devenait positif. Il fallait attendre, en louvoyant un peu, et soudain, une secousse vers le haut, traduite par l’aiguille du vario qui s’envolait à 3 m/s ou 4 m/s, indiquait le bon moment pour se centrer dans le noyau du thermique.

Second point de virage, entre la N20 et la A10, au-delà d’Angerville, atteint au bout de trois heures de vol environ. Curieusement, le ciel est resté bleu vers l’ouest au-dessus de la Beauce. La balade aérienne s’est poursuivie tranquillement vers l’est, en prenant soin toutefois de ne pas tamponner dans la TMA Paris 7, dont le plancher est à 6500 ft QNH (1981,2 m QNH, c’est-à-dire à peu près 1870 m par rapport au terrain). Sermaise, Malesherbes, la forêt de Fontainebleau, survol de l’église de Larchant et de l’étonnant labyrinthe aquatique dans la végétation. Des planeurs, probablement pilotés par des jeunes fraîchement lâchés, faisaient la course sous la forme d’allers-retours entre Malesherbes et Nemours, sans trop prêter attention d’ailleurs à ce deltiste qui « s’invitait » dans leur espace de jeu.

La fin de l’après-midi a commencé à se faire sentir dans le sens où je devais allonger les transitions entre deux thermiques, ce qui signifiait une perte d’altitude plus importante avant de retrouver un ascenseur, bien que mon altitude ne fût jamais descendue en dessous de 1000 m sol. D’ailleurs, aucun point bas n’est à signaler, ce qui illustre les conditions finalement excellentes de la journée.

Franchissement du Loing par le nord de Nemours peu après 17 heures. M’aventurer plus à l’est n’était pas très rassurant car les nuages au-dessus de la Seine-et-Marne avaient disparu, à l’exception d’un ou deux clairsemés dans le ciel. Même la grande forêt au sud-est de la ville ne donnait rien. Cela ne voulait pas dire qu’il n’y avait pas de thermique, mais en l’absence de matérialisation alors que d’autres cumulus trônaient isolés dans le ciel, je m’autorisais à avoir des doutes.

Qu’à cela ne tienne, j’avais envie d’essayer d’atteindre au moins le secteur de l’aérodrome de Moret-Episy. Les fesses un peu serrées, car si je ne trouvais rien pour remonter, devoir traverser à pied l’agglomération de Nemours et le cours d’eau avant de pouvoir espérer être pris en stop vers Egry aurait été passablement galère. Après une remontée insignifiante dans un thermique mou de restitution, des installations agricoles jouxtant une forêt qui suivait un petit cours d’eau, et plus particulièrement un rectangle tout blanc placé entre un bâtiment et la forêt, ont attiré mon attention.

Une fois arrivé au-dessus de cet endroit singulier, bingo, un puissant thermique, variant entre 2 m/s et 4 m/s, me propulse jusqu’à la hauteur maximale autorisée dans le coin (en dessous de la TMA Paris 7), le nuage qui venait de se former étant bien plus haut. La puissance de ce thermique était étonnante, tout comme le moment où cela s’est produit. Je ne me suis pas privé de remercier Dame Nature pour avoir si admirablement synchronisé les évènements.

Après une courte incursion vers le nord-est, qui m’a permis de constater que de nombreux planeurs de l’aérodrome avaient déjà atterri, je me suis dit qu’il était plus sage de faire demi-tour pour profiter à nouveau de ce thermique si puissant qui me permettrait de traverser Nemours vers le sud-ouest tant qu’il en était encore temps. Le thermique s’est amplifié jusqu’à 5,4 m/s intégré, incroyable. Ce fut la meilleure pompe de la journée. A cette heure tardive, c’était bien singulier, cela a dû « chauffer » tout en bas !

Pour rentrer ensuite vers le terrain, ce fut très simple car il suffisait de suivre la route vers le sud-ouest. Mais les thermiques s’étaient malheureusement évanouis, à tel point que j’envisageais d’atterrir entre les éoliennes et Beaumont. Et un puis un ultime thermique venu je ne sais d’où parmi les champs, m’a permis de regagner à bonne allure l’altitude confortable de 1300 m sol. Le comble est qu’après, cela ne descendait plus, ou faiblement… Surprise en survolant le hangar, Michel était encore là, il nettoyait l’aile de son ulm avant d’aller savourer, après mon atterrissage vers 18h30, un vol calme du soir au coucher de soleil…

Heureux d’avoir pu profiter de cette superbe journée (en l’air et non au sol), ravi d’avoir pu élargir et boucler mon circuit, et tout fier de montrer à Michel la trace de mon vol sur mon GPS Compeo ! A nouveau, un grand merci à lui de s’être déplacé pour me remorquer ! Masqués par nos couleurs du soleil sur nos visages, nous avons joyeusement terminé la journée par notre traditionnelle pizza bière au kiosque à Pithiviers.

Mon vol a duré six heures et j’ai parcouru 190 km en triangle FAI : Egry – Lorris – Mérouville (7,5 km à l’ouest d’Angerville – Rebours (2,5 km au sud de l’aérodrome de Moret-Episy) – Egry. La trace est disponible à l’adresse : https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20290525  (la durée du parcours en lui-même a été réduite à 5h28, ce qui conduit à une vitesse moyenne de 34,8 km/h).

Encore une journée formidable de vol libre, qui laisse des souvenirs forts en attendant la prochaine occasion !

Frédéric

 

 



mardi 28 juillet 2020

Promenades à Octeville et à Egry

Voici le récit de deux vols bien sympathiques à Octeville pour MM (2 heures) et moi-même (2h30). suivi du récit du vol du lendemain au départ d’Egry.

Arrivé tranquillement à Octeville ce mardi 28 juillet vers 13h30, une heure après Michel, le temps d'attendre que quelques nuages aient terminé de verser leurs gouttes et soient évacués vers l'intérieur des terres.

Vent quasiment dans l'axe, très légèrement travers gauche. Michel mesurait régulièrement entre 29 km/h et 35 km/h, pour des valeurs données par MF de 20 km/, rafales à 40 km/h.

Très peu de parapentistes, deux au total, un qui volait déjà à mon arrivée et l'autre qui a décollé avec une petite voile (14 m2). Alors il a fallu solliciter deux promeneurs, en plus de Michel, pour l'assistance au décollage. Michel a fait de même peu de temps après.

Venir au moins une fois par an pour voler à cet endroit est comme une sorte de pèlerinage : c'est toujours étonnant de pouvoir voler sans avoir à se bagarrer dans les thermiques, et les paysages sont toujours aussi magnifiques, notamment les milliards de reflets du soleil sur la mer, ce qui lui donnait une parure extraordinaire.

Montée relativement lente au-dessus de la falaise, pas dépassé 300 m/déco à la pointe d'Antifer. Puis le vent a dû forcir légèrement, et après un aller-retour entre Cauville et Antifer, j'ai tenté une avancée jusqu'à Etretat. Parti à 370 m/déco à la pointe d'Antifer, demi-tour à la dernière arche avant la plage, car ensuite avec le vent dans le nez, ça avançait beaucoup moins bien, et avec la marée haute en bas, il valait mieux éviter de prendre trop de risques. De retour à la pointe d'Antifer au ras des pâquerettes, en ayant perdu au total toute ma hauteur. Reprise progressive des 370 m/déco, d'où j'observais Michel qui prenait son pied en faisait des huit comme sur un toboggan.

De retour au déco pour aller atterrir derrière, il y avait un autre delta qui enchaînait les virages devant le déco avec en bas des spectateurs qui semblaient l'admirer. C'était Jean-Charles Brunet, qui montrait à sa famille, notamment à sa descendance de deuxième génération, à quoi ressemble le vol libre et plus particulièrement voler en delta. Depuis toutes ces années où son nom apparaît dans les messages sans jamais l'avoir rencontré, j'ai eu enfin plaisir à le saluer.

Une fois nos ailes récupérées, la seconde partie de la journée s'est précisée : aller dîner ou juste boire un verre au soleil couchant à Antifer, à défaut de se baigner car il faisait un peu frisquet. Et puis arrivé devant la plage en voyant les belles vagues qui se formaient, j'ai dit à Michel: "allez, on y va !". Finalement, j'ai été le seul à me jeter à l'eau. La baignade fut extra !

Enfin, dégustation d'une bonne bière au soleil, tout en admirant les couleurs en début de soirée de ces falaises interminables dominant la mer.

La journée a été formidable.






Le lendemain, Michel était d'accord pour me remorquer à Egry. Signe particulier : zéro cumulus, tempête de ciel bleu. 

Suite à une conversation avec Frédéric Salviat (Défi Levant) qui affirmait préférer voler sur la campagne en thermiques purs, où il suffit « d’écouter son aile », par rapport aux conditions avec cumulus, où, selon lui, on perd du temps à tricoter pour trouver la pompe, je me suis dit pourquoi ne pas essayer dès que des bonnes conditions se présentent, c'est-à-dire sans vent avec un plafond relativement élevé. En Espagne, avec 2000 m ou 3000 m de plafond, il est clair qu'on a plus de marge de manoeuvre, mais qu'en est-il lorsque le plafond est deux fois plus bas ? L'occasion de le découvrir à nouveau s'est présentée ce mercredi 29 juillet.

Décollage tardif, vers 14h30. On avait chacun des détails à régler avant, dont un peu de bricolage sur un montant de mon aile dont le problème a failli me clouer au sol.

La faiblesse ou la légèreté du vent qui nous effleurait de temps en temps me suggérait que les thermiques ne devaient pas être bien folichons et que je m'étais probablement trompé de journée.
 
Au cours du remorqué, à 400 m sol, on s'est pris un pétard qui a entraîné la rupture du fusible lorsque la ligne s'est tendue à nouveau... 3,50 m/s intégré sur 20 s... Ouah !

Bon, les prévis ne se sont pas trompées. Mais le plafond stagne à 1200 m environ, ce qui n'est pas très encourageant pour s'élancer « à l’aveuglette » sur la campagne. Qu'à cela ne tienne, les champs sont posables partout, alors allons y gaiement. Il suffit de faire confiance dans ce qui va se présenter sur mon chemin.

La dérive étant quasi nulle, repérer au sol les endroits où le contraste thermique semblait plus marqué par rapport au voisinage immédiat était le bon plan pour espérer croiser une pompe.
Pas toujours évident quand les champs sont quasiment tous de la même couleur, à quelques exceptions près (bosquets, agglomérations, des champs plus clairs que les autres, etc...).

J'enroulais tout ce que je trouvais, n'étant déjà pas bien haut. Et il arrivait régulièrement  que le cycle ne soit pas en phase avec mon arrivée, ce qui m'obligeais à tricoter, à aller voir plus loin, tout en perdant de l'altitude, si une secousse espérée de mon aile m'indiquait que l'ascenseur était imminent (finalement, exactement comme avec la présence des cumulus).

Trois points bas à moins de 500 m sol, voire à 320 m sol, ce qui ne favorisait pas la vitesse de croisière, en plus de la tension accrue pour tenter de remonter malgré tout.

Le plafond montait doucement vers 1300 m sol.

J'ai commencé par migrer vers le sud, avec un point de virage au sud de Bellegarde (cette région étant plus humide qu'au nord, les contrastes thermiques semblaient ce jour là moins marqués, et il valait mieux, comme d'habitude, ne pas moisir dans le secteur). Ensuite j'ai mis le cap vers Pithiviers en longeant la forêt d'Orléans. Un bon thermique au-dessus de la ville m'a incité à poursuivre plus loin vers Méréville.
 
Au tiers de la distance, la guigne, point bas à 240 m sol. Une pompouillette au-dessus d'un hangar agricole m'a rehaussé tout doucement, avec une légère dérive qui m'emmenait droit vers une ligne d'éoliennes, dont les pales étaient heureusement immobiles, ce qui évitait avantageusement de créer de la turbulence et de détruire le maigre thermique.
 
A 600 m sol, fin des réjouissances, le thermique avait disparu. J'ai aperçu alors un petit champ plus clair que les autres jouxtant un petit village. Il y avait également une forêt plus au sud, dont les champs limitrophes pouvaient générer un thermique. Dans l'incertitude, ce petit champ était plus près et ma petite voix me disait d'aller là.

Bingo ! Jusqu'à 3 m/s intégré, altitude max de 1480 m sol, gain de 1000 m en dix minutes. Cet épisode m'a suggéré que si j'ai eu la chance de pouvoir remonter à une altitude confortable, elle ne serait pas éternelle, il était quand même 17h30, et que le moment était venu de retourner à Egry. Deux thermiques tranquilles de fin de journée jusqu'à 1200 m, précédés de deux nouveaux points bas à moins de 500 m sol, m'ont permis de rentrer au terrain.

Quatre heures de vol, 84 km en DL5 : Egry aéro - Les Alexandres (3,5 km au SE de Bellegarde) - Oimpuits (8,5 km au NO de Pithiviers) - Beaumont du Gâtinais - Egry.(le triangle FAI fait 70 km, et le village de la pompe salvatrice au sud de Oimpuits s'appelle Guigneville !).

Fin de journée nonchalante au coucher de soleil, pizza + bière fraîche au kiosque à Pithiviers. Une bonne expérience, ce n'est certes pas la première fois que je me balade sur la campagne dans un ciel tout bleu, mais c'est quand même tellement mieux quand il y a des cumulus !

Frédéric

samedi 11 juillet 2020

Découverte aérienne de la Lorraine

Dans le festival de vols sur la campagne et de records en parapente, en ulm (*) et en swift réunis en ce samedi 11 juillet 2020, une petite place m’a été accordée, « j’y étais » ! Et plus particulièrement dans le fin fond de la Lorraine, juste au sud du Luxembourg : https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/2019/vol/20287239

(*) Pour les non initiés, il s’agit d’un record mondial de distance en ulm pendulaire monoplace sans escale, les deux pilotes ayant parcourus 906 km en 12 heures en traversant la France du nord au sud avec seulement 42 litres d’essence chacun (75,5 km/h en moyenne, 3,5 L / heure, et 4,64 L / 100 km).

Les prévis météo indiquaient que la meilleure région pour voler en libre sur la campagne ce jour là était en Lorraine, et ça tombait bien parce qu’un pilote d’ulm de cette région était disponible pour me remorquer (ce qui est rare et précieux !), en l’occurrence Pascal Lanser, ancien membre de l’équipe de France de delta, aujourd’hui président de l’ADPUL ( http://www.ultralight-glider.fr/fr/adpul-association-pour-le-developpement-du-planeur-ultra-leger/ ), et toujours grand amateur de distances sur la campagne en vol libre.

La seule condition sine-qua-non était de décoller à midi, car Pascal avait aussi l’intention de profiter de la journée à bord de son swift light motorisé électrique, juste après m’avoir remorqué, accompagné par un autre pilote de swift identique venant du Luxembourg. Pour honorer cet impératif, compte tenu du temps de trajet plus celui de monter mon aile plus un peu de marge pour pallier les aléas, j’ai dû partir du logis à 6 heures du matin... (je me suis fait violence, mais la cause était entendue).

La suite de la journée... des cumulus partout dès 10h30, même carrément des étalements entre midi et 15 heures, un vent faible à modéré du NNO (dont l’influence en l’air sur la dérive se faisait  bien sentir), des plafonds à 1800 m QNH qui sont montés jusqu’à 2300 m QNH (sauf au tout début du vol pour éviter de tamponner dans la TMA Lorraine 2 à 5500 ft QNH), quelques point bas aussi, car, comme Pascal le confirmera, les nuages étaient « loin » et il fallait souvent traverser de « grands » espaces avant d’atteindre la zone du thermique suivant (ce qui veut pas dire que celui-ci était servi sur un plateau, il fallait souvent tricoter dans le secteur au prix d’une perte accrue d’altitude avant de trouver l’ascenseur).

Un vol exceptionnel, tant pour la distance parcourue (mon premier triangle FAI de 200 km), pour la durée (8h20... mon record un peu fou), pour la beauté sublime des paysages (alternance de collines et de vallées, des champs, des villages, des étangs, des cours d’eau et surtout une multitude de forêts plus ou moins grandes, très utiles pour la restitution en fin de journée), pour la bagarre et la ténacité face à des éléments qui me désorientaient (pas de repères connus au sol, puisque la région vue d’en haut était en cours de découverte, impossible de m’orienter autrement que par mes instruments), ou qui oeuvraient à me clouer au sol (la recherche laborieuse et tendue d’un thermique à basse altitude et la fréquente composante de face du vent au cours du cheminement), ou qui généraient un certain inconfort (le froid en altitude au bout d’un certain temps, mine de rien, le rangement dans le harnais à mi-parcours de mes lunettes de protection et de vue qui ne tenaient plus sous le casque, exposant la cornée des yeux, qui avait alors bien du mal à rester humide, au vent relatif et aux éventuels insectes, et sans oublier les traditionnelles et inévitables courbatures à la nuque et aux épaules au cours d’un vol long), et enfin pour la chance qui m’a accompagnée au cours de cette belle journée lorsqu’un thermique à basse altitude se présentait et que j’enroulais joyeusement alors que je pensais vraiment la fin du vol imminente (dans ces cas là, je vise toujours un endroit au sol où le contraste thermique me semble le plus favorable pour générer une pompe, mais l’assurance de l’enrouler, notamment d’arriver au bon moment du cycle, n’est jamais garantie).

Dans la première branche du parcours, pour optimiser justement le gain de hauteur, il m’arrivait régulièrement de « monter » un peu dans le nuage en ligne droite tout en essayant de garder un contact visuel avec le sol. A un moment, cela a été plutôt contre-productif, car le nuage m’ayant un peu « aspiré », je ne voyais plus le sol, et je suis sorti complètement à l’ouest, c’est-à-dire dans une direction erronée par rapport au cheminement prévu, qui lui était justement dirigé vers l’ouest.

Comme c’était ma première découverte aérienne de la région, je n’avais aucun point de repère visuel connu au sol, notamment pour m’indiquer les points cardinaux en dehors de la position du soleil. Le compas électronique de mon GPS Compéo et l’appli SDVFR sur le smartphone de Jean - tant qu’elle fonctionnait, l’appareil s’éteint au bout de quatre heures - ont été salutaires pour m’indiquer le cap à suivre. J’ai juste pu identifier la vallée de la Meuse, la forêt de Woevre à l’est, la grande forêt d’Argonne à l’ouest, la ville de Verdun et l’autoroute au sud, ainsi que le lac du Der très loin vers le sud à mon second point de virage, et c’est seulement au cours de la troisième branche du vol que les cheminées d’une centrale nucléaire, dont le nom m’échappait, et leurs panaches de vapeur d’eau au loin, me semblait bien placées pour caler un point fixe vers lequel je devais me diriger pour espérer rentrer au terrain, que je n’ai finalement pas atteint.

Une seule erreur de stratégie : avoir écouté les conseils de Pascal, qui, étant dans son fief, m’avait suggéré un parcours tranquille vers l’ouest jusqu’aux collines avant la Meuse, de poursuivre de la même distance vers le sud avant de rentrer en diagonale (ce qui devait tout de même avoisiner les 150 km), et qui, en tant que pilote bien plus expérimenté que moi, soutenait fermement qu’un vol en triangle se démarre en ayant une composante de vent de face, les nuages étant supposés assez proches, que la composante vent arrière est à exploiter au cours de la branche principale, et que pour le retour, les plafonds auront monté suffisamment pour compenser la dérive qui éloigne du terrain. Depuis toujours, même lorsque je pratiquais le vol à voile durant mes vacances d’été estudiantines, on me disait le contraire : partir à midi avec une composante arrière, deuxième et troisième branches du triangle avec une composante de face ou vent de travers, et retour au terrain par vent arrière qui pousse et rapproche vers le terrain quand les thermiques de fin de journée faiblissent et se raréfient. Mis à part augmenter la difficulté du parcours (et du temps de vol), je n’ai finalement pas compris l’intérêt du sens choisi par Pascal. La prochaine fois, je reviendrai à mes propres fondamentaux, même s’ils sont différents ! Car d’après la trace de mon vol, seuls 31 % de la distance (et 23 % de la durée) ont été parcourus avec une composante du vent de secteur arrière par rapport à mon cheminement, ce qui est quand même plutôt faible et peut paraître aberrant.

Cette journée de vol a néanmoins été formidable et fantastique, c’est bien l’essentiel. C’était une belle aventure, que j’ai découverte les yeux grands ouverts (avec et sans lunettes) du début jusqu'à la fin sans jamais savoir à quoi m’attendre à l’avance et en prenant les choses telles qu’elles venaient. Une tornade de bonheur dans les neurones ! De quoi alimenter les beaux souvenirs pendant longtemps !
Pascal aussi a réalisé un très beau vol (en swift) : un triangle FAI de 242 km en 5h30, bravo ! ( https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20286684 ). Quand je lui ai téléphoné après mon atterrissage à 20h40 pour lui donner de mes nouvelles, il était rentré chez lui en Moselle depuis déjà deux heures !

Mais la journée a aussi été un tantinet éprouvante. En action depuis 6 heures du matin, quatre heures de route, huit heures de vol, départ du champ à la tombée de la nuit une fois mon aile repliée et cachée dans la haie au bord du champ, retour au terrain en marchant et en stop nocturne (moyennant finance !) pour récupérer mon auto, nuit trop courte et en dentelle dans un hôtel confortable à Longwy mais avec un visage qui chauffait et des souvenirs qui se bousculaient, le lendemain, j’étais juste un peu « explosé », mon corps était fatigué. Bien que la journée du lendemain fut belle pour voler à nouveau avec des beaux cumulus comme on les aime (certes moins nombreux que la veille, et avec un vent d’est plus soutenu), j’ai préférer renoncer à solliciter Pascal, qui était à nouveau au terrain avec un élève (il est aussi instructeur en ulm 3 axes), et qui pouvait donc me remorquer à nouveau, toujours avant midi, même s’il ne volait pas ensuite dans son swift, pour rentrer tranquillement vers ma contrée francilienne par les petites routes en admirant les paysages par la voie terrestre, effleurer quelques visites culturelles rapides (sites incontournables de la bataille de Verdun, admirés d’en haut la veille), et m’arrêter aussi souvent que nécessaire pour des pauses dodo indispensables.

Dans les jours qui ont suivi, j’ai accusé un gros coup de fatigue, il m’a fallu deux ou trois jours pour me remettre de cette escapade, et pendant ce temps, un problème récent de santé que je croyais guéri mais qui couvait encore en a profité pour ressurgir et m’empoisonner royalement la vie. J’ai alors ressorti toute ma panoplie médicinale pour activer la guérison, qui, en principe, s’étend sur une semaine. Cet épilogue inattendu semble m’indiquer que mon corps commence à atteindre les limites de ce qu’il peut supporter en terme de fatigue. C’est un signal tout sauf anodin, qui m’invite à modifier à nouveau certaines de mes habitudes, pour pouvoir continuer à voler haut et loin et en bonne santé quand les conditions sont fumantes, si Dame Nature le permet !

Ci-jointes quelques photos d’illustrations de la journée, prises au cours des trajets aller et retour, mais hélas pas en l’air, sauf quand je volerai à bord de mon propre swift ! (dont le coût prohibitif reporte cette éventualité aux calendes grecques, mais elle n’est pas impossible). En guise de compensation, ci-jointe une photo aérienne d’un pilote d’aile rigide qui a volé le 14 juillet à Couhé (86) et qui était collé au plafond  apparemment à 2000 m lors de la prise de vue.


Frédéric

























jeudi 19 septembre 2019

Participation record à la coupe Icare

Participation record des membres du club à la Coupe Icare. En revanche on a observé une moindre affluence du public sur les stands et en extérieur sur les 3 jours de la coupe.

Pourtant on pouvait trouver aile à sa taille

Ou effectuer de sérieuses comparaisons :

Ou encore tester sa technique d'approche et d'atterrissage en delta :

Sans surprise, et malgré les conditions de vol délicates, les déguisements ont été impressionnants :
 

Les démonstrations en vols ont été également à couper le souffle 

 


Notre passionné de CFD, Frédéric, remporte une belle seconde place en distance catégorie delta rigide. il est sur le podium à côté d'Alain Chauvet, premier dans la catégorie delta souple :


Selon la formule consacrée, aucune bête n'a été blessée. ci dessous, il s'agissait d'un test d'acuité sonore réalisé à 7h15 du matin et adressé aux milliers de visiteurs dormant à Saint Hilaire. A la lecture de ce compte rendu, à vous de nous dire combien il y a d'oies en l'air (si vous n'en voyez aucune, allez voir votre opticien ou reportez vous à la seconde photo).

Heureusement la plupart des matins ont commencé dans le silence, les brûleurs des montgolfières étant quasiment inaudibles loin dans la vallée :

Pour certains l'objectif principal était de rencontrer la clientèle sur le stand et de bien démarrer la commercialisation d'un accessoire indispensable à la pratique du paramoteur, ou de proposer du  matériel performant pour leur permettre de beaux vols avec une aile delta. Mais cela leur a fait très plaisir d'avoir la visite de  nombreux membres du club  sur les deux stands :


Ou de partager de longues libations en fin de journée au risque d'excéder gravement mais sympathiquement la capacité nominale du gîte :

Le long métrage de nos aventures dans le Grésivaudan est ici :


BdlB

mardi 10 septembre 2019

La saison continue !

Mardi 10 septembre 2019, des conditions très prometteuses étaient prévues dans le Gâtinais : plafond supérieur à 2000 m en début d’après-midi, 3-4 octats, vent au sol NE à N autour de 15 km/h. Par ailleurs, après avoir raté les belles journées du dimanche 1er septembre à Clécy et du dimanche 8 septembre à Saint Marc d’Ouilly, et avoir vu ainsi les potentiels de ces journées me passer sous le nez (potentiels visibles sur la CFD parapente...), autant dire que j’étais ultra-motivé pour tenter à nouveau ma chance !

Michel, toujours disponible et enthousiaste pour remorquer, a répondu présent. Ciel tout bleu le matin, puis des magnifiques cumulus bien répartis se sont rapidement formés dès midi et demi. Perte d’un temps précieux en causant à mon arrivée avec Michel dans le hangar pendant plus de trois quarts d’heure… Une incohérence, vu l’empressement du matin pour arriver tôt au terrain. J’aurais quand même pu songer à abréger avant de voir naître les premiers nuages. En attendant la fin de la préparation de mon matériel, Michel est allé taquiner les cumulus... base 1900m vers 13 heures (4°C) !

Nous décollons enfin vers 13h45... Les conditions aérologiques sont excellentes. Plafond 2015 m QNH vers 14h30, avec, au plus fort, une grosse « dégueulante » à -5 m/s suivie d’une pompe de 2,5 m/s à 3,5 m/s intégré et régulier jusqu’au nuage... Ouah ! C’est extraordinaire et pour le moins sensationnel ! Compte tenu de la direction du vent, pour voler sur la campagne, l’idéal aurait été d’aller vers le sud-ouest et notamment de traverser la Sologne. Mais les zones réglementées traversant la région étant toutes actives en semaine, je pouvais oublier cette option. Il valait mieux tenter une distance vers l’ouest, en contournant les TMA d’Orléans-Bricy par le nord et en prenant soin également de ne pas tamponner dans les TMA au-dessus de la Beauce dont le plancher est à 6500 ft QNH, soit 1981 m QNH, et qui s’étendent depuis l’ouest de Pithiviers jusqu’à la Ferté-Bernard, c’est-à-dire sur plus de 100 km d’est en ouest. En me fixant une altitude maximale de 1850 m par rapport au terrain, qui est à 110 m d’altitude, j’étais certain d’être tranquille, en me réservant un peu de marge pour sortir d’un éventuel thermique puissant.

Devoir « craber » par ce vent de NE à N pour contourner les zones de Bricy n’a pas été un atout. Pour couronner l’affaire, j’ai commis quelques erreurs de cheminements. L’une d’entre elles m’a conduit à un point très bas vers 230 m sol à l’ouest de Janville. Certes, j’étais encore assez haut pour ne pas être obligé de pousser avec les pieds, mais quand même, l’épisode a été un tantinet stressant non seulement pour rester en l’air, mais aussi pour remonter tandis que le vent me poussait vers une TMA d’Orléans. Lorsque j’avais atteint la N20 au niveau de Toury, j’aurais dû prendre un cap directement au nord-ouest vers Chartres pour contourner ces fichues zones imaginaires avec plus de marge. Une fois passée la ligne TGV au niveau de Voves, j’ai ensuite vainement essayé de contourner la TMA Orléans 7, celle qui est la plus à l’ouest et qui borde la A10. Il y avait un bon thermique au nord de Brou, et comme il vaut mieux prendre un maximum de hauteur avant de filer vers le cumulus suivant qui est toujours trop loin sans risquer un nouveau point bas, qui arrive très vite si la pompe est introuvable, je me suis résigné à mordre un peu dans cette TMA. Et au bout du compte, je me suis dit « basta », la TMA doit sûrement être inactive comme d’habitude, alors inutile de me faire des scrupules. Un coup fil du lendemain à la TWR de Bricy me l’a confirmé. Si j’avais pris la peine de téléphoner avant de décoller, je me serais épargné une entrave supplémentaire…

Malgré ces aléas, le vol était néanmoins super chouette. Comme toujours, c’était génial, et les paysages du Perche sont toujours très jolis à contempler vus du ciel. La saison continue, mais l’automne n’est pas loin. Alors vers 17h30 - 18h, Eole, ou plutôt la divinité grecque des thermiques, a plié les gaules. Plus aucun thermique, si ce n’est quelques pompouillettes de restitution permettant de se maintenir à quelques centaines de mètres au-dessus des champs et des forêts tandis que le vent continuait à me pousser vers le sud-ouest.

Trouver un bon endroit dégagé et sain pour atterrir n’était pas si évident, entre tous les bosquets, les prairies cachant des animaux ou parcourues par des barbelés, les champs de maïs ou de colza moissonnés mais avec les tiges qui dépassent bien au-dessus de la terre (pas bon pour l’aile), des champs encore non moissonnés, des propriétés, des centres équestres, des carrières... Il n’y a pas l’embarras du choix et il faut quand même rester prudent. Posé vers 18h20 à Dollon, dans la Sarthe, dans un grand champ juste à côté de la ligne TGV (mais le long de laquelle tenter du stop vers Paris est à proscrire), et à côté duquel j’ai pu trouver un grand espace d’herbe à l’ombre d’une rangée d’arbres le long de la clôture. L’endroit idéal pour replier et dissimuler mon aile.




Un appel à mon paternel m’a permis d’apprendre que le dernier TER vers Paris passait à la Ferté Bernard vers 20 heures, tandis que le dernier TVG vers Paris au départ du Mans était à 21h06. Si la première option était morte, compte tenu du temps nécessaire pour replier mon aile et me préparer pour la seconde phase de la journée, en revanche la seconde option était encore possible. C’était osé, car j’étais apparemment à 35 km de la gare du Mans et je n’avais qu’un peu plus d’une heure pour y arriver, mais c’était jouable et il fallait tenter.

A nouveau, la providence m’a gratifié de beaucoup de chance pour solliciter les automobilistes en cette soirée ensoleillée et douce. Notamment, j’ai reçu l’aide très généreuse d’une dame qui s’est arrêtée par philosophie et qui prend volontiers les gens en stop (c’est rare, bien que ce soit la troisième fois cette année que je rencontre une telle personne). Pour la petite histoire, elle pratiquait souvent le stop en Dordogne quand elle avait 20 ans. Elle avait même failli une fois se faire agresser par un chauffeur routier, mais cela ne l’avait pas traumatisé outre mesure, ayant pu gérer la situation en continuant à causer comme si de rien n’était. Cette dame n’allait pas jusqu’au Mans, sa destination s’arrêtait 20 km avant. Mais à ma demande et sur proposition de lui payer le trajet aller-retour, dont elle a réduit de moitié le montant que je lui proposais, elle a accepté bien volontiers de me rendre service. Nous voilà partis pour une course contre la montre, tout en respectant les règles de conduite, cela allait de soi.

Nous étions arrivés au but peu avant 21 heures, c’était formidable, quand est entrée en scène la splendeur consternante et déconcertante de la SNCF. En effet, au pied des escaliers menant au quai par le couloir souterrain, une rangée de contrôleurs barrait le passage en ne laissant passer que les voyageurs munis d’un billet. Depuis quelques temps, pour des raisons qui nous échappent, il n’est plus possible d’acheter son billet dans le TGV en allant voir tout de suite le contrôleur. J’ai alors couru vers la borne la plus proche de vente des billets. En deux minutes, j’avais le temps d’effectuer toutes les opérations pour en acheter un. Manque de pot, seuls les horaires du lendemain étaient proposés ! Manifestement, en deçà d’un certain délai avant l’horaire du TGV, il n’est également plus possible d’acheter un billet… A moins que le TGV ne fût déjà plein… Nous avons entendu le bruit de son arrivée, puis celui de son départ. C’était terminé pour la soirée. La personne qui laissa exploser sa colère face aux contrôleurs était curieusement celle qui n’avait besoin de rien, en l’occurrence ma conductrice ! Je l’ai saluée en la remerciant vivement pour les efforts qu’elle avait mis en œuvre pour moi.

Nuit dans le premier hôtel en face la gare, où j’ai pu négocier 20% sur le prix excessif de la chambre, qui était très confortable. TER du lendemain matin vers Paris, à un horaire qui me permettait ensuite d’arriver avant 11 heures à Etampes pour attraper le bus vers Pithiviers (en fait 11h30, les horaires ayant changé, heureusement dans le bon sens…). De la descente du bus à Pithiviers jusqu’au terrain à Egry, trois voitures, conduites par des femmes que j’ai pu solliciter de vive voix à un arrêt, m’ont pris en stop. L’une d’entre elles conduisait une petite voiture à trois portes contenant déjà ses deux enfants. Elle m’a regardé d’un air suspect. Je lui ai alors dévoilé un grand sourire, et elle m’a dit OK. C’est toujours étonnant de constater à quel point l’action paléolithique et universelle de montrer sa dentition en écartant les joues peut engendrer comme effet bénéfique !

Récupération de l’aile et retour au logis tranquillement par les petites routes, en prenant la peine de m’arrêter pour une pause dodo ou pour une photo, et en faisant également un détour par Aigneville pour aller saluer Hervé Rousseau, propriétaire du terrain ulm où j’ai participé à la pratique du vol libre pendant de nombreuses années, notamment à l’occasion de nombreux vols sur la campagne, et que je n’avais pas revu depuis l’arrêt de l’activité sur ce terrain à la fin de l’année 2015. Une soirée retrouvailles fort sympathique.

 
Saint Calais

     
Saint Michel de Chavaignes Bouër


 
L’Ozanne à Dangeau


Sur le plan culturel, un arrêt au pied du château de Montmirail, dont l’histoire a été tumultueuse au cours des siècles, s’est imposé pour pouvoir l’admirer de plus près après l’avoir aperçu en vol (c’est la tâche ronde dans le quart en haut à gauche sur la photo ci-dessous).





Au cours de ce joli vol, que j’ai manqué d’optimiser compte tenu des excellentes conditions, j’ai néanmoins parcouru 152 km en 4h34. La trace est disponible sur le site : https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20277114 . Merci à Michel de m’avoir remorqué une fois de plus. Cerise sur le gâteau, je me suis payé une douleur persistante aux vertèbres lombaires en soulevant mon aile le mercredi soir dans mon garage pour la placer sur ses supports de rangement (il y a eu un bruit bizarre de léger craquement...). Bien que n’ayant pas été coincé, cela surprend tout de même, et un arrêt des activités potentiellement contraignantes pour le dos s’est imposé pendant une bonne semaine avant de retrouver un état de santé normal. Il devient pertinent à l’avenir de gérer la manutention avec plus de prudence et plus de méthode !

Frédéric

Psst : Il ne serait question de rendre l’antenne sans une note de légèreté. Voici, ci-dessous, quelques photos prises dans l’hôtel au Mans. Le gérant ne manque pas d’humour, qui serait avantageusement transposable dans d’autres commerces ou entreprises, mais je n’ai vu ou entendu personne le prendre au mot !