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mardi 10 septembre 2019

La saison continue !

Mardi 10 septembre 2019, des conditions très prometteuses étaient prévues dans le Gâtinais : plafond supérieur à 2000 m en début d’après-midi, 3-4 octats, vent au sol NE à N autour de 15 km/h. Par ailleurs, après avoir raté les belles journées du dimanche 1er septembre à Clécy et du dimanche 8 septembre à Saint Marc d’Ouilly, et avoir vu ainsi les potentiels de ces journées me passer sous le nez (potentiels visibles sur la CFD parapente...), autant dire que j’étais ultra-motivé pour tenter à nouveau ma chance !

Michel, toujours disponible et enthousiaste pour remorquer, a répondu présent. Ciel tout bleu le matin, puis des magnifiques cumulus bien répartis se sont rapidement formés dès midi et demi. Perte d’un temps précieux en causant à mon arrivée avec Michel dans le hangar pendant plus de trois quarts d’heure… Une incohérence, vu l’empressement du matin pour arriver tôt au terrain. J’aurais quand même pu songer à abréger avant de voir naître les premiers nuages. En attendant la fin de la préparation de mon matériel, Michel est allé taquiner les cumulus... base 1900m vers 13 heures (4°C) !

Nous décollons enfin vers 13h45... Les conditions aérologiques sont excellentes. Plafond 2015 m QNH vers 14h30, avec, au plus fort, une grosse « dégueulante » à -5 m/s suivie d’une pompe de 2,5 m/s à 3,5 m/s intégré et régulier jusqu’au nuage... Ouah ! C’est extraordinaire et pour le moins sensationnel ! Compte tenu de la direction du vent, pour voler sur la campagne, l’idéal aurait été d’aller vers le sud-ouest et notamment de traverser la Sologne. Mais les zones réglementées traversant la région étant toutes actives en semaine, je pouvais oublier cette option. Il valait mieux tenter une distance vers l’ouest, en contournant les TMA d’Orléans-Bricy par le nord et en prenant soin également de ne pas tamponner dans les TMA au-dessus de la Beauce dont le plancher est à 6500 ft QNH, soit 1981 m QNH, et qui s’étendent depuis l’ouest de Pithiviers jusqu’à la Ferté-Bernard, c’est-à-dire sur plus de 100 km d’est en ouest. En me fixant une altitude maximale de 1850 m par rapport au terrain, qui est à 110 m d’altitude, j’étais certain d’être tranquille, en me réservant un peu de marge pour sortir d’un éventuel thermique puissant.

Devoir « craber » par ce vent de NE à N pour contourner les zones de Bricy n’a pas été un atout. Pour couronner l’affaire, j’ai commis quelques erreurs de cheminements. L’une d’entre elles m’a conduit à un point très bas vers 230 m sol à l’ouest de Janville. Certes, j’étais encore assez haut pour ne pas être obligé de pousser avec les pieds, mais quand même, l’épisode a été un tantinet stressant non seulement pour rester en l’air, mais aussi pour remonter tandis que le vent me poussait vers une TMA d’Orléans. Lorsque j’avais atteint la N20 au niveau de Toury, j’aurais dû prendre un cap directement au nord-ouest vers Chartres pour contourner ces fichues zones imaginaires avec plus de marge. Une fois passée la ligne TGV au niveau de Voves, j’ai ensuite vainement essayé de contourner la TMA Orléans 7, celle qui est la plus à l’ouest et qui borde la A10. Il y avait un bon thermique au nord de Brou, et comme il vaut mieux prendre un maximum de hauteur avant de filer vers le cumulus suivant qui est toujours trop loin sans risquer un nouveau point bas, qui arrive très vite si la pompe est introuvable, je me suis résigné à mordre un peu dans cette TMA. Et au bout du compte, je me suis dit « basta », la TMA doit sûrement être inactive comme d’habitude, alors inutile de me faire des scrupules. Un coup fil du lendemain à la TWR de Bricy me l’a confirmé. Si j’avais pris la peine de téléphoner avant de décoller, je me serais épargné une entrave supplémentaire…

Malgré ces aléas, le vol était néanmoins super chouette. Comme toujours, c’était génial, et les paysages du Perche sont toujours très jolis à contempler vus du ciel. La saison continue, mais l’automne n’est pas loin. Alors vers 17h30 - 18h, Eole, ou plutôt la divinité grecque des thermiques, a plié les gaules. Plus aucun thermique, si ce n’est quelques pompouillettes de restitution permettant de se maintenir à quelques centaines de mètres au-dessus des champs et des forêts tandis que le vent continuait à me pousser vers le sud-ouest.

Trouver un bon endroit dégagé et sain pour atterrir n’était pas si évident, entre tous les bosquets, les prairies cachant des animaux ou parcourues par des barbelés, les champs de maïs ou de colza moissonnés mais avec les tiges qui dépassent bien au-dessus de la terre (pas bon pour l’aile), des champs encore non moissonnés, des propriétés, des centres équestres, des carrières... Il n’y a pas l’embarras du choix et il faut quand même rester prudent. Posé vers 18h20 à Dollon, dans la Sarthe, dans un grand champ juste à côté de la ligne TGV (mais le long de laquelle tenter du stop vers Paris est à proscrire), et à côté duquel j’ai pu trouver un grand espace d’herbe à l’ombre d’une rangée d’arbres le long de la clôture. L’endroit idéal pour replier et dissimuler mon aile.




Un appel à mon paternel m’a permis d’apprendre que le dernier TER vers Paris passait à la Ferté Bernard vers 20 heures, tandis que le dernier TVG vers Paris au départ du Mans était à 21h06. Si la première option était morte, compte tenu du temps nécessaire pour replier mon aile et me préparer pour la seconde phase de la journée, en revanche la seconde option était encore possible. C’était osé, car j’étais apparemment à 35 km de la gare du Mans et je n’avais qu’un peu plus d’une heure pour y arriver, mais c’était jouable et il fallait tenter.

A nouveau, la providence m’a gratifié de beaucoup de chance pour solliciter les automobilistes en cette soirée ensoleillée et douce. Notamment, j’ai reçu l’aide très généreuse d’une dame qui s’est arrêtée par philosophie et qui prend volontiers les gens en stop (c’est rare, bien que ce soit la troisième fois cette année que je rencontre une telle personne). Pour la petite histoire, elle pratiquait souvent le stop en Dordogne quand elle avait 20 ans. Elle avait même failli une fois se faire agresser par un chauffeur routier, mais cela ne l’avait pas traumatisé outre mesure, ayant pu gérer la situation en continuant à causer comme si de rien n’était. Cette dame n’allait pas jusqu’au Mans, sa destination s’arrêtait 20 km avant. Mais à ma demande et sur proposition de lui payer le trajet aller-retour, dont elle a réduit de moitié le montant que je lui proposais, elle a accepté bien volontiers de me rendre service. Nous voilà partis pour une course contre la montre, tout en respectant les règles de conduite, cela allait de soi.

Nous étions arrivés au but peu avant 21 heures, c’était formidable, quand est entrée en scène la splendeur consternante et déconcertante de la SNCF. En effet, au pied des escaliers menant au quai par le couloir souterrain, une rangée de contrôleurs barrait le passage en ne laissant passer que les voyageurs munis d’un billet. Depuis quelques temps, pour des raisons qui nous échappent, il n’est plus possible d’acheter son billet dans le TGV en allant voir tout de suite le contrôleur. J’ai alors couru vers la borne la plus proche de vente des billets. En deux minutes, j’avais le temps d’effectuer toutes les opérations pour en acheter un. Manque de pot, seuls les horaires du lendemain étaient proposés ! Manifestement, en deçà d’un certain délai avant l’horaire du TGV, il n’est également plus possible d’acheter un billet… A moins que le TGV ne fût déjà plein… Nous avons entendu le bruit de son arrivée, puis celui de son départ. C’était terminé pour la soirée. La personne qui laissa exploser sa colère face aux contrôleurs était curieusement celle qui n’avait besoin de rien, en l’occurrence ma conductrice ! Je l’ai saluée en la remerciant vivement pour les efforts qu’elle avait mis en œuvre pour moi.

Nuit dans le premier hôtel en face la gare, où j’ai pu négocier 20% sur le prix excessif de la chambre, qui était très confortable. TER du lendemain matin vers Paris, à un horaire qui me permettait ensuite d’arriver avant 11 heures à Etampes pour attraper le bus vers Pithiviers (en fait 11h30, les horaires ayant changé, heureusement dans le bon sens…). De la descente du bus à Pithiviers jusqu’au terrain à Egry, trois voitures, conduites par des femmes que j’ai pu solliciter de vive voix à un arrêt, m’ont pris en stop. L’une d’entre elles conduisait une petite voiture à trois portes contenant déjà ses deux enfants. Elle m’a regardé d’un air suspect. Je lui ai alors dévoilé un grand sourire, et elle m’a dit OK. C’est toujours étonnant de constater à quel point l’action paléolithique et universelle de montrer sa dentition en écartant les joues peut engendrer comme effet bénéfique !

Récupération de l’aile et retour au logis tranquillement par les petites routes, en prenant la peine de m’arrêter pour une pause dodo ou pour une photo, et en faisant également un détour par Aigneville pour aller saluer Hervé Rousseau, propriétaire du terrain ulm où j’ai participé à la pratique du vol libre pendant de nombreuses années, notamment à l’occasion de nombreux vols sur la campagne, et que je n’avais pas revu depuis l’arrêt de l’activité sur ce terrain à la fin de l’année 2015. Une soirée retrouvailles fort sympathique.

 
Saint Calais

     
Saint Michel de Chavaignes Bouër


 
L’Ozanne à Dangeau


Sur le plan culturel, un arrêt au pied du château de Montmirail, dont l’histoire a été tumultueuse au cours des siècles, s’est imposé pour pouvoir l’admirer de plus près après l’avoir aperçu en vol (c’est la tâche ronde dans le quart en haut à gauche sur la photo ci-dessous).





Au cours de ce joli vol, que j’ai manqué d’optimiser compte tenu des excellentes conditions, j’ai néanmoins parcouru 152 km en 4h34. La trace est disponible sur le site : https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20277114 . Merci à Michel de m’avoir remorqué une fois de plus. Cerise sur le gâteau, je me suis payé une douleur persistante aux vertèbres lombaires en soulevant mon aile le mercredi soir dans mon garage pour la placer sur ses supports de rangement (il y a eu un bruit bizarre de léger craquement...). Bien que n’ayant pas été coincé, cela surprend tout de même, et un arrêt des activités potentiellement contraignantes pour le dos s’est imposé pendant une bonne semaine avant de retrouver un état de santé normal. Il devient pertinent à l’avenir de gérer la manutention avec plus de prudence et plus de méthode !

Frédéric

Psst : Il ne serait question de rendre l’antenne sans une note de légèreté. Voici, ci-dessous, quelques photos prises dans l’hôtel au Mans. Le gérant ne manque pas d’humour, qui serait avantageusement transposable dans d’autres commerces ou entreprises, mais je n’ai vu ou entendu personne le prendre au mot !




 


dimanche 12 mai 2019

Formidable journée de vol libre mais pas pour tout le monde

Mon vol sympathique du 6 mai 2019, et qui me laisse encore tout plein de souvenirs qui se bousculent dans la tête, doit être relativisé au regard de ce qu’il s’est passé six jours plus tard, le dimanche 12 mai. Les sites de prévision n’indiquaient pas une météo particulièrement excellente. Il fallait même s’expatrier en Normandie pour trouver a priori les meilleures conditions. J’ai contacté alors Patrice Ybert pour lui demander s’il pourrait me remorquer à Condé-sur-Noireau. Il m’a répondu qu’il n’est pas encore tout à fait prêt à remorquer cette année, et qu’il ne sera malheureusement pas disponible au début de l’après-midi car lui aussi ira voler en parapente ou en delta, certainement à Saint Marc d’Ouilly compte tenu de l’orientation du vent (du nord-est). En outre, la philosophie dans son club est de privilégier les décollages sur site naturel quand les conditions le permettent, avant d’envisager un départ en remorqué.

Bon, ben alors ce sera l’occasion d’essayer mon Exxtacy dont j’ai refait la quille cet hiver, car si le vent est trop faible ou si je ne parviens pas à trouver rapidement un thermique après le décollage, entraînant un atterrissage en bas de l’autre côté de l’Orne, autant le faire avec l’aile la plus légère et la plus souple à piloter. Avec les quatre heures de route nécessaires et le temps de préparation, je peux espérer décoller au plus tôt vers 14 heures. Toutefois, la vérification de la météo avant de charger mon aile sur la voiture m’apprend que le vent sera inférieur à 10 km/h pendant une bonne partie de l’après-midi. Doute, hésitations, je préviens finalement Patrice pour lui dire que je ne viendrai pas. Il me rappelle en insistant que le vent va se mettre en place dans l’après-midi et que ce sera une bonne journée pour voler en delta. M’étant laissé convaincre par son enthousiasme, je quitte mon domicile en fin de matinée, bien que je ne réalise pas l’énergie et le temps gaspillés pour espérer décoller seulement vers 16 heures ou 17 heures.

Au bout d’une demi-heure de route, je vois que le ciel est magnifique avec des cumulus partout. Me serais-je laissé berner par des prévis erronées ?! Un appel à la base d’Evreux m’apprend que le vent sur la base souffle du 40° pour 8 kt. Et si ça volait à Jeufosse ?! Il est encore temps d’y aller pour ne pas décoller trop tard. Je décide de ne plus aller en Normandie pour tenter ma chance à Jeufosse. Bien m’en a pris, car à mon arrivée, des parapentistes vont et viennent. L’un d’entre eux, qui a décollé tôt, revient déjà d’une récupe pour décoller à nouveau dans la foulée, avant de s’élever et de disparaître sous les nuages. C’est bon signe !

Le temps d’amener mon aile sur le site et de la déplier, tout en papotant un peu avec quelques parapentistes, je suis prêt à décoller vers 15h15. Par chance, comme on est dimanche, des gens sont en promenade et certains acceptent de me tenir l’aile avant de décoller. Finalement, leur aide ne m’est pas nécessaire. Le vent au déco, bien de face, étant moins fort que lors de mon décollage précédent sur ce site en avril 2017, je peux stabiliser seul mon aile. Mon envol est satisfaisant, c’est déjà un bon point par rapport à l’essai de mon aile. Le problème est maintenant de tenir le long de la crête en attendant d’enrouler un thermique. Si le parapentiste qui a décollé juste avant moi parvient à prendre de la hauteur, je reste désespérément en train de faire des allers-retours sans pouvoir enrouler une pompe correctement, c’est déconcertant. En effet, les thermiques semblent relativement étroits, et la nécessité de voler en faisant des « huit » près des arbres me fait sortir régulièrement de la zone montante. Quand je réussis à enrouler un thermique sur quelques tours, cela ne dure pas, la pompe disparaît et je me retrouve à nouveau au ras des arbres… L’aérologie aurait-t-elle changée au cours de l’après-midi, au point que ceux qui ont réussi à décoller tôt ont pu partir sur la campagne, tandis que les autres peinent à atteindre la base des nuages ?!

Las de ce petit jeu dont la hantise est de me retrouver suffisamment bas pour devoir traverser la Seine et atterrir sur l’autre rive, je décide de me laisser déporter par le vent dans le dernier thermique que je serre suffisamment pour tenir dedans et remonter à nouveau, en espérant rattraper une nouvelle bulle au-dessus des habitations de Jeufosse si celle en cours s’évanouit… Sans succès ! La pompe disparaît comme les précédentes, mais cette fois loin de la crête, et tout ce que je trouve est une bonne « dégueulante » qui m’invite à me poser illico dans un grand champ de terre au-delà du village. Mon vol a duré 26 minutes, tandis que les cumulus continuent à défiler majestueusement dans le ciel… Au moins j’ai réussi à me poser derrière le déco sans me faire enterrer sous la crête. Avec le vent qui souffle de plus belle sur cet espace complètement dégagé, le déplacement de mon aile vers un chemin un tant soit peu abrité par des cultures plus hautes tourne à l’épreuve de force… et de patience. Et puis un nouveau parapente prend l’air, peut-être à la faveur d’une accalmie. On reconnaît le pilote à la couleur de la voile : elle, une femme qui en est à sa troisième tentative pour la journée, prend aisément de la hauteur en tournant quasiment sur place. C’est comme si l’axe vertical de sa rotation passait par l’une des extrémités de sa voile, c’est sidérant, et je comprends mieux pourquoi je n’arrivais pas à monter tandis que les parapentes le font sans problème…



Site de Jeufosse, dimanche 12 mai à 15 heures.

Après une longue causerie avec un jeune agriculteur du village venu voir le delta avec ses enfants, et puis une seconde causerie avec le parapentiste qui avait décollé juste avant moi et qui revient déjà de sa récupe, l’heure est venue de retourner au logis, non sans avoir pris également le temps de savourer les couleurs champêtres dans la lumière du soleil déclinant.

Surprise. En allant voir, par curiosité, sur le site de la CFD parapente pour voir si des vols de  distance ont été réalisés, c’est le festival : Jeufosse, Osmoy-Saint-Valéry (76), Saint Marc d’Ouilly (14), Chamery (51)… J’apprends qu’un excellent pilote (Denis Chouraqui), qui avait réalisé début avril un super vol de distance entre Saint Marc d’Ouilly et la région de La-Roche-sur-Yon, a réitéré le record de distance de Jeufosse avec un vol de 346 km, en 8 heures 15, pour atterrir à nouveau près de La-Roche-sur-Yon. C’était donc lui qui avait décollé très tôt, vers 11h20… Son collègue qui lui avait emboîté le pas, que j’ai vu revenir quand je suis arrivé à Jeufosse et qui a redécollé vers 14 heures, a juste parcouru 213 km en un peu plus de 5 heures… Chapeau !!! Ces parapentistes ont flairé la bonne journée, malgré des prévis peu encourageantes (du moins celles que j’ai consultées). En fait, les plafonds n’étaient pas exceptionnels, mais, comme d’habitude pour ce genre de vol, une masse d’air homogène associée à un vent soutenu ont permis à ces pilotes d’exception d’exploiter au mieux les conditions et de réaliser ces belles performances. Pour ma part, j’ai fait une lamentable… contre-performance, par une confiance excessive dans des prévis finalement erronées, un départ très tardif du domicile, un choix du site à la dernière minute, et enfin un pilotage insuffisant pour m’extraire du « bocal ». Il y a des jours où « ce n’est pas le bon jour » ! Cela me rappelle combien il faut pratiquer sur un site avant d’en connaître ses subtilités, et aussi combien le décollage en remorqué pour les deltas est avantageux, en particulier les jours de bonnes conditions. A une autre occasion pour aller voler en Normandie avec un vent de secteur nord-ouest à nord-est, je ne me priverai pas de solliciter Patrice à nouveau pour qu’on décolle vers midi en remorqué. Cela devrait lui laisser ensuite tout l’après-midi pour aller voler où bon lui semble !

Mais la surprise n’est pas terminée ! Le lendemain, on peut lire, toujours sur le site de la CFD parapente, qu’un autre parapentiste (Frédéric Delbos) a battu le record de distance en vol libre en France, avec un vol de 422 km en près de 10 heures au départ de Chamery, et en se posant dans le parc de Millevaches en Limousin. Hallucinant ! Il précise que les TMA et la CTR d’Avord étaient inactives pour pouvoir les traverser sans problème, la bonne affaire ! Du point de vue de la météo et des espaces aériens, toutes les conditions étaient donc réunies pour je puisse aussi tenter ma chance au départ d’Egry… Martin Morlet, ancien détenteur du record de distance en vol libre en France, n’a pas volé ce jour là. Je n’ai pas osé lui demander pourquoi. Peut-être n’était-il pas disponible. Ou peut-être s’était-il lui aussi laissé abuser par des prévis erronées, comme la rumeur qui circulait à Jeufosse me l’a laissé entendre.

Sur le site parapente de la FFVL, on peut lire :
« Nouveau  record de France de Distance : 422 km »
« La plaine était en feu ce dimanche 12 mai :
Frédéric Delbos (équipe de Ligue CFD PIDF) prend le record de France à Martin Morlet (414 km) avec un superbe vol de 422 km (sans point de contournement) depuis Chamery, près de Reims.
Pas moins de 22 vols de plus de 100 km ont été déclarés au départ de Chamery, Osmoy-Saint-Valéry, Jeufosse, Saint Marc d’Ouilly, et Beauraing (Belgique, Wim Verhoeve, 401 km).

Une journée formidable qui devrait rester longtemps dans les mémoires !

Frédéric

(NDLR  ce 12 mai, certains visitaient Tirana sous la pluie....)

lundi 6 mai 2019

Pas dégonflé pour un triangle FAI

« Beau temps à planeurs ! », aurait pu écrire Michel Klich, le monsieur météo des planeurs d’Orléans, sur le site très utile qu’il a arrêté d’animer depuis quelques années. Une masse d’air convective et homogène sur une bonne partie du Gâtinais, de la Sologne, de l’Yonne et de la Seine et Marne, avec de surcroît un vent faible de secteur nord-nord-est et des plafonds honorables, voilà ce qu’on pouvait lire en résumé sur les sites de prévision dans la région pour le lundi 6 mai 2019. Une aubaine à saisir pour tenter un vol de distance en triangle. Et tant qu’à faire, autant les prévoir grands, le vol et le triangle ! Martin Morlet, excellent pilote de parapente, (ancien) détenteur du record de distance en vol libre en France, m’avait encouragé en 2018 en me disant qu’un triangle de 200 km en plaine est à ma portée, « tu peux le faire » ! Bon, alors il ne me reste plus qu’à attendre les bonnes conditions météo.

Et aujourd’hui, l’opportunité se présente bien. Les conditions aérologiques annoncées étant meilleures au-dessus du Gâtinais que de la Loire, je choisis de décoller à Egry, avec comme plan de vol un triangle que j’ai parcouru plusieurs fois et que j’élargis pour la circonstance : premier point de virage au sud à Lorris, en bordure de la forêt d’Orléans, puis route vers le nord-ouest jusqu’à Angerville, puis vers l’est jusqu’à Villeneuve-la-Guyard, entre Montereau et Pont-sur-Yonne, et retour à Egry. Cela fait un beau triangle FAI de 207 km. Mais pour réaliser en delta une telle distance sans vent, je dois pouvoir compter sur une durée de convection d’au moins sept heures, voire peut-être huit heures en cas de difficultés. Et cela tombe bien car aujourd’hui, la convection sera exploitable dès 11 heures ! Michel Moussier, toujours disponible et enthousiaste pour me remorquer, est un peu surpris par ma suggestion de se retrouver au terrain « prêt à décoller à 11 heures », car de mémoire de libéristes, on ne l’a encore jamais fait. Mais il accepte bien volontiers.

Comme prévu, les premiers cumulus se mettent en place vers 11 heures, tandis que je termine de préparer mon aile. Le gag : Michel, qui tarde à arriver avec l’ulm, m’annonce qu’une roue de l’ulm est à plat et que je vais devoir patienter un peu le temps de la regonfler ! Eh ben, heureusement que la météo n’était pas bonne la veille, le dimanche 5 mai, pour tenter un grand vol de distance depuis Egry vers le sud. Car il était question que nos amis deltistes du sud-ouest montent depuis Terrasson, dans la Corrèze, et de Montauban pour le plus éloigné, pour tenter à nouveau, au départ d’Egry, la même opération que celle du 1er mai 2016 au départ d’Aigneville, ou celle du 22 juin 2009 au départ de Saint Benoît. Avec la nécessité absolue de décoller le plus tôt possible, sinon ce n’était pas la peine. Alors s’ils étaient arrivés en ayant roulé une partie de la nuit et en trouvant la roue de l’ulm HS, ils auraient été contents ! 

A 11h28, le ciel est déjà bien garni, et l’ulm est bientôt prêt !

Finalement, après avoir prêté main forte à Michel pour achever un regonflage de fortune de la roue, qui devrait tenir le temps d’un décollage et d’un atterrissage, on décolle vers 11h40, ce qui n’est déjà pas si mal. Les 26 premiers kilomètres jusqu’à Lorris se déroulent sur « un tapis volant ». Le plafond s’élève rapidement de 1250 m QNH à 1500 m QNH, l’aérologie est prometteuse, et je décide de pousser un peu plus au sud de la ville, histoire d’augmenter un peu la taille du triangle. A la fin de l’ascenseur qui me rehausse jusqu’à la base du nuage, tout semble aller pour le mieux, et je mets le cap au nord-ouest vers Pithiviers. Il se produit alors un phénomène étrange : dans cette direction, je vois les nuages se former et se désagréger dans la foulée, plus rien ne tient. Je ne comprends pas ce qui se passe, mais je comprends juste que si je ne veux pas terminer lamentablement au tas, il ne faut surtout pas aller vers le nord-ouest. Quant à inverser le sens du triangle en allant donc vers le nord-est, l’idée ne me séduit guère car l’arrivée d’un voile de cirrus par l’ouest est également prévue en fin de journée, notamment dans la région d’Angerville, et l’orientation du vent à ce moment aurait impliqué une composante de face sur la dernière branche du retour, ce qui n’est pas terrible, même si le vent est faible. Exit le plan de vol. Pour rester en l’air et profiter de la journée, il faut aller là où il y a des cumulus, et ceux vers le sud me tendent les bras. En plus, en poursuivant dans cette direction, le segment depuis Egry pourra constituer la première branche d’un triangle qui reste à définir. Dans ses facéties, la providence taquine me montre une autre voie que celle que je m’étais tracée, alors suivons la gaiement !

Mais il faut encore traverser la forêt jusqu’à la plaine champêtre au nord de Sully. Par chance, elle n’est pas trop large dans cette direction. Deux thermiques successifs me remontent chacun à plus de 1100 m sol. Ce n’est pas très haut, mais suffisant pour traverser la forêt. Premier point bas de la journée à 530 m sol près de la lisière au sud, où un premier thermique me sauve d’une situation délicate. Un second me permet de remonter un peu plus haut, mais ce n’est pas encore gagné. Plus près de la Loire, un troisième plus puissant me permet d’atteindre enfin l’altitude confortable de 1650 m QNH dans les barbules… C’est royal ! La vue sur la Loire et sur le château de Sully est toujours magnifique, c’est super de se trouver là-haut à contempler ce paysage. Ma route vers le sud se poursuit tranquillement de nuage en nuage, en prenant soin d’éviter la zone interdite de la centrale nucléaire de Gien. Dans cette partie de la Sologne, les champs sont nombreux et un éventuel atterrissage en campagne ne pose aucune difficulté, pour autant que le champ fût choisi assez tôt. Il y a cependant un détail qui fait partie du voyage et qui s’invite de lui-même malgré les protections, c’est le froid. Avec une température au sol voisine de 10°C au décollage, la température à 1500 m descend vers -5°C d’après les prévis, et donc il vaut mieux bien se couvrir en l’air. Si mes bras ont été suffisamment bien protégés durant le vol, tel n’a pas été complètement le cas pour les mains, malgré les sous-gants en soie que j’avais enfilés dans mes gants de montagne. La température lue sur mon GPS, qui doit être affectée d’une certaine inertie, varie entre 1°C et -1°C à l’altitude des nuages. Mais avec le vent relatif, la température ressentie doit être bien plus basse. Toujours est il que dès que la température lue descend en dessous de 0°C, les dernières phalanges de mes deux majeurs deviennent tout simplement insensibles. Souhaitant m’épargner d’éventuelles séquelles dont je me passerai bien, je ne vois rien d’autre à faire que de me secouer régulièrement les mains comme si elles venaient d’être brûlées, ou encore de me mordre carrément le bout des doigts pour vérifier qu’ils répondent encore un tant soit peu.

Bientôt, la limite des zones militaires réglementées et gérées par la base aérienne d’Avord approche. En semaine, ces zones doivent être sûrement actives, donc il vaut mieux éviter d’y pénétrer (ne serait-ce que pour pouvoir valider le vol sur la CFD !). Bien m’en a pris, car plus tard, j’apercevrai quand même deux avions de transport qui volent à ma hauteur en dehors des zones réglementées, et certains souvenirs chargés d’émotion me rappellent qu’il est impératif de rester à bonne distance de ces grosses bestioles. Une fois achevé le plein d’altitude au sud-ouest d’Argent-sur-Sauldre, le moment est venu de changer de cap. Et il y en a un qui est tout tracé sous mes yeux, c’est la route en ligne droite qui mène au nord-est jusqu’à Gien. Mon GPS indique que je vole depuis 2h30 et que je suis à environ 65 km du terrain. L’idée me vient alors qu’en suivant un cap au nord-est, ma distance au terrain va diminuer, passer par un minimum, puis augmenter. Si je parviens à suivre ce cap jusqu’à ce que le GPS indique à nouveau la distance au terrain de 65 km, je serai alors au second point de virage d’un triangle rectangle inscrit dans un carré de 65 km de côté, dont le périmètre est égal à 130 km plus environ 90 km (65 * racine(2)), soit environ 220 km. Ouah ! A la louche, le second point de virage est alors aux alentours de la ville de Sens, et le retour vers Egry sera sur un axe quasiment est-ouest. Sauf que ma vitesse de croisière n’est franchement pas terrible (un peu plus de 25 km/h), et que si je veux parcourir les 155 km restants en cinq ou six heures avant la fin de la convection, j’ai intérêt à accélérer un tantinet. Néanmoins, l’idée est séduisante et mérite d’être tentée. Je verrai bien en chemin comment les conditions évoluent et si je dois aviser.

Vingt minutes après mon point de virage, nouvelle déconvenue : il y a un beau cumulus au-dessus de mon aile, mais je ne parviens pas à trouver le thermique qui l’alimente. L’aérologie est déconcertante. Pendant que je tricote tant bien que mal, il m’arrive de croiser en un éclair du + 3 m/s, et puis c’est fini. Nerveusement, c’est épuisant. Et pour contribuer à me mettre la pression, mon altitude s’amenuise sans répit. Mais je dois me battre, il faut tenir en l’air, sous peine d’une sanction immédiate : au tas et loin du terrain ! Enfin, après un second point bas, je parviens à trouver et enrouler le thermique qui me rehausse à près de 1700 m QNH. Aujourd’hui, il ne faut manifestement pas descendre en dessous de 900 m sol, sinon la remontée peut s’avérer très laborieuse. Même si elle n’a pas contribué à relever ma vitesse de croisière, cette incursion dans les basses couches a eu l’avantage inestimable de me réchauffer les mains.

En quatre thermiques et une demi-heure plus tard, je franchis la Loire à Gien. Les cumulus sont nombreux et bien formés. Malgré cela, une nouvelle difficulté m’attend pour trouver le thermique régulier qui me remontera au plafond au-dessus de cette grande agglomération coiffée par les nuages. Au plus fort de l’après-midi, le plafond  s’élève à plus de 1800 m QNH, voire à 1900 m QNH autour de 16 heures. Ma route vers le nord-est se poursuit au-dessus de la grande forêt, traversée par l’autoroute et la N7, avant de retrouver l’alternance entre les champs, les villages, et les bosquets. C’est presque l’euphorie, malgré un nouveau point bas. Cet épisode s’abrège bien plus tôt que je ne l’espérais. Vers 17 heures, les nuages se soudent de plus en plus. Repensant à Michel qui me demandait, juste avant le décollage, s’il y aurait des risques d’étalements, et à qui je répondais par la négative, il faut bien reconnaître qu’il avait raison ! Alors que j’approche de la petite route entre Montargis et Joigny, le ciel devient complètement bouché.

Tant pis pour le challenge, il faut vraiment prendre la route du retour maintenant, en essayant au mieux de me rapprocher le plus possible de la forêt de Montargis. En l’absence d’ensoleillement, la restitution des bosquets est déjà à l’œuvre. Dans un secteur où ceux-ci sont plus denses, deux gentils thermiques salvateurs me remontent de mon point bas vers une hauteur qui me permet d’envisager l’avenir immédiat avec plus de sérénité. Bien qu’une clairière, où il est possible d’atterrir, existe au milieu de la forêt de Montargis, il ne me semble toutefois pas raisonnable, compte tenu de ma hauteur et en l’absence de vent arrière suffisant, de m’aventurer au-dessus de cette grande forêt pour tenter de trouver un hypothétique thermique tout en prenant le risque de me retrouver bien bas de l’autre côté, sachant que l’agglomération s’étend encore plus à l’ouest de la rivière (le Loing). Le vent actuel, évalué d’après la dérive des derniers thermiques, étant du nord-est, longer la forêt par le sud me semble la bonne option pour augmenter les chances d’enrouler une bulle de restitution. Et ça marche ! Me voici maintenant à 1450 m QNH aux abords de la ville à l’est. Si je peux traverser l’agglomération sans problème, je suis quand même à 31 km du terrain, alors je ne me fais pas trop d’illusion sur la possibilité de l’atteindre. Toutefois, au-dessus d’une concentration commerciale ou industrielle dans la partie ouest de la ville, j’ai la chance d’enrouler un ultime thermique qui me remonte doucement à près de 1000 m QNH. Après, il faut optimiser le vol plané, en suivant la route départementale qui semble aller dans la bonne direction. Curieusement, si les thermiques que je croise ne sont pas suffisamment puissants pour être enroulés, ils contribuent néanmoins à diminuer le taux de chute de mon aile. La finesse air instantanée lue sur mon GPS s’élève ainsi régulièrement à plus de 20, voire jusqu’à 30 pendant quelques secondes. C’est inattendu et fort bienvenu. Le dernier village survolé ne donnant rien d’exploitable, je me prépare à atterrir dans le secteur de la gare d’Auxy que je reconnais un peu plus loin. Il est 19h05, et je ne suis qu’à quelques kilomètres du terrain, c’est super !

Malgré le radoucissement de la température au niveau du sol, je n’ai pas quitté mes vêtements d’altitude pendant le repliage de mon aile, hormis les gants, et le bandeau qui protège et réchauffe les oreilles a même été salutaire. Encore un morceau de chance, une voiture qui passait par là m’emmène directement au hangar à Egry où j’ai laissé mon auto. Le conducteur m’apprend qu’il y a un petit restaurant sympathique sur la place du village voisin de Corbeilles, celui que j’ai survolé avant l’atterrissage. Une bonne pizza au chaud avec une bonne bière, c’est tout ce qu’il me faut pour terminer paisiblement cette belle journée de vol libre.

Mon vol a duré 7h26 et bien que je n’aie pas pu rentrer au terrain, j’ai atterri suffisamment proche de celui-ci pour que le triangle compté par la CFD soit un triangle FAI de 178 km : Egry, Eau-de-Limon (balise de départ), Argent-sur Sauldre, Fontenouilles (entre Château-Renard et Charny), Gondreville (au sud d’Auxy). La trace du vol est à l’adresse : https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20264002

Frédéric




mardi 19 mars 2019

Est-ce bien toui à la ferme de Godonvillier ?


Un joli vol sur la campagne pour marquer le coup d'envoi de ma saison de vol libre de cette année, ça change du coup d'arrêt de celle de l'année dernière. Pourtant j'ai bien failli passer à côté, l'ensemble des prévis erronées du matin s'étant dégradées en indiquant des conditions a priori médiocres concernant le plafond exploitable et la présence des cumulus.

Mais les ciels de traîne étant souvent les meilleurs le lendemain ou le surlendemain du passage des perturbations, je me suis méfié, et l'enthousiasme de Michel a achevé de me convaincre de saisir cette journée. Je lui fixe toutefois un RdV "prêt à décoller" vers 13 heures au lieu de midi comme je l'envisageais encore la veille.

En route vers Egry, les premiers cumulus apparaissent dès le milieu de la matinée. Il y a de l'humidité dans l'air, et aussi dans le sol, la terre est grasse. J'espère que la météo ne va pas nous servir des cumulus "hongrois" !

A 13 heures, le ciel est beau, bien pavé en jolis nuages, on aperçoit même des petits alignements.


Je commence à regretter de n'être pas arrivé plus tôt.

Michel, qui est allé tâter l'atmosphère en ulm, me confirme que là-haut, il fait froid, 0°C au plafond à 1200 m, et que j'ai tout intérêt à partir avec le maximum d'épaisseurs sur l'épiderme.

Après quelques aléas du début de saison dans le montage de l'aile plus une rupture du fusible, je décolle enfin vers 13h45... Le vent est de secteur nord, calme au sol, et 10 à 15 km/h en altitude. Largage vers 660 m au-dessus du sol. Quand on passe en remorqué sous un gros nuage en voyant le vario qui s'envole à plus de 4 m/s, c'est le signe qu'il faut tout de suite enrouler la pompe.

Bingo : 2 m/s intégrés et réguliers jusqu'à la base du nuage, tranquillement, sans effort. C'est royal ! Bien que le plafond ne soit pas exceptionnel, les conditions sont suffisamment bonnes pour me lancer sur la campagne, en essayant quand même de rentrer au terrain avant la fin de la journée.

Compte tenu du sens du vent, la balade commence en direction du sud. L'objectif du jour sera de tenter un petit triangle, FAI si possible.

La redécouverte aérienne de la région de la forêt d'Orléans est toujours remplie de contemplation, voire de béatitude, tellement le paysage est beau. Après Bellegarde, j'évite de m'aventurer jusqu'à Lorris. Le nombre de points bas que j'ai faits dans ce secteur me rappellent à une certaine prudence.

Après avoir refait le plein d'altitude au niveau de Châtenoy, il apparaît que la route est toute tracée vers le nord-ouest, alors allons-y gaiement. Le plafond s'élève jusque vers 1500 m, c'est génial.

Le vent de face n'est pas trop fort, mon cheminement se poursuit sans encombre (c'est quand même bien de voler en rigide, j'imagine la galère des parapentes dans la même situation). Juste le froid qui se fait plus mordant durant les transitions malgré les protections. Dans les barbules des nuages, la température lue sur mon vario-GPS vaut désespérément zéro. Alors régulièrement, une descente dans les basses couches, avant de retrouver une pompe, est plutôt bienvenue pour me réchauffer un peu.

Au nord-ouest de Pithiviers, où je me suis pris d'ailleurs un cisaillement à manquer de me faire lâcher la barre de contrôle, les conditions sont toujours très bonnes, et je décide de pousser jusque vers Méréville.

Un détail important m'a toutefois complètement échappé.
Emporté dans l'euphorie de mon vol, j'ai oublié qu'au mois de mars, on est encore à l'heure d'hiver. Les journées où la convection dure jusqu'à 20h30 ne sont pas de saison, et en plus elles sont à l'heure d'été. J'avais simplement pensé qu'en mars, on peut bien enlever deux heures pour estimer la fin de la convection par rapport à celle en été, et qu'en atteignant le secteur de la source de la Juine vers 16h30, il me resterait alors assez de marge pour retourner tranquillement à Egry. Que nenni ! Dès 17 heures, heure d'hiver, la convection s'effondre.

Au lieu de batifoler à trente bornes du terrain, j'aurais été plus avisé de me préoccuper de l'heure limite pour prendre le cap du retour. Et aussi de décoller à midi, ce qui fait déjà 13 heures en heure d'été. L'intérêt de la comparaison par rapport à l'heure d'été est de se référer à des habitudes en vol libre où l'évolution de la convection est associée à une certaine manière de compter le temps.

Pour l'heure, les pompes disparaissent ou deviennent très molles, impossible de remonter. Par chance, le vent, qui s'est orienté au nord-ouest, me pousse dans la bonne direction. Les thermiques générés par les constructions humaines isolées dans la plaine, corps de ferme ou agglomération, me permettent juste de me maintenir à 300 ou 400 mètres au-dessus du sol.

A ce petit jeu là, je risque fort de me retrouver dans une situation délicate si ma route traverse une zone non convective et non posable. Donc mieux vaut utiliser le peu d'altitude qu'il me reste pour trouver un lieu d'atterrissage sain, en l'occurrence un champ pas trop boueux. La chevauchée légère et fougueuse de quelques bambis a attiré mon attention vers une bande d'herbe assez bien orientée par rapport au vent et assez large pour me poser sans problème et replier mon aile sans salissures.L'endroit est parfait. Il est environ 17h35, toujours à l'heure d'hiver, et même au sol, il ne fait pas chaud.




Une visite de la fermière et de ses parents, qui sont arrivés dans un grand 4x4, m'apprend que nous nous trouvons dans la ferme de Godonvillier, non loin d'Estouy au nord-est de Pithiviers. Comme ils reçoivent de la famille, la femme revient sur sa proposition de me ramener à Egry. Bon, alors ce sera le stop. En trois voitures et 7 km de marche, je suis rendu à mon véhicule. La nuit tombée, le stop n'est pas aisé. Il faut se placer sous un lampadaire à côté d'un feu en attendant qu'une voiture s'arrête pour pourvoir parler au conducteur, en lui faisant au préalable un signe de la main grande ouverte qui veut dire "paix". Au bout du compte, j'ai pu arriver à temps au kiosque à pizza au sud de Pithiviers pour me restaurer simplement et avec grand plaisir, et aussi pour saluer la dame bien sympathique qui gère la boutique, et qui mérite bien une petite visite de temps en temps après une belle journée de vol libre.

Quand j'ai récupéré mon aile, la rosée du soir sur la housse s'était transformée en cristaux de glace...

Mon vol a duré 3h51, et la distance aérienne parcourue vaut 87 km (déco - Gaubertin - Châtenoy - Autruy sur Juine - ferme de Godonvillier, à 15 km d'Egry à vol d'oiseau). Cette belle journée au grand air s'est achevée le lendemain matin avec la réparation d'une grosse fuite d'essence près du moteur de mon auto...



Frédéric

jeudi 20 décembre 2018

Concentré de DPCNP en 2018

L'année 2018 se termine dans quelques jours.

De nombreuses sorties de motorisé (paramoteurs, motorisations auxiliaires pour delta, pendulaires), une saison de treuil impressionnante, des sorties remorqué et vols de distance, un séjour de parapente à l'étranger, des sorties de vol libre sur nos sites habituels caractérisent la saison 2018. En outre, plusieurs pilotes ont renouvelé leur voile de parapente et ou leur sellette, fait l'acquisition d'une aile delta, d'une motorisation auxiliaire. Le club compte également dans ses rangs un second biplaceur parapente.

La vidéo résume en quelques minutes les 4 heures de films de la bonne soixantaine de sorties relatées sur le blog. Il a fallu faire des choix déchirants pour ne garder qu'un super concentré de l'année



BdlB

dimanche 6 août 2017

Vols des 6 et 7 Août





Le dimanche 6 août, la chance m’a souri à nouveau, et j’ai pu faire un très beau vol. La journée a été magnifique. Déjà, il y avait de beaux cumulus haut-perchés dans le ciel, alors que les prévis annonçaient des thermiques purs. J’ai décollé pas trop tard à Egry (12h40), et comme la dérive en altitude était faible, j’ai décidé de tenter un triangle, en tenant compte aussi du fait qu’on est au mois d’août et que la convection n’est plus extensible à souhait jusqu’à 20h voire 21h comme au mois de juin. Depuis la base ulm à Egry, je suis descendu vers le sud presque jusqu’à Lorris (dernière agglomération avant la grande forêt d’Orléans), et comme le ciel était tout bleu dans les environs de cette ville, je me suis méfié et j’ai préféré ne pas la survoler (souvenir d’un point bas l’année dernière et des déboires pour remonter). Ensuite j’ai mis le cap vers Pithiviers, au nord-ouest, avec le vent de face. Cela ramait un peu pour avancer, mais avec les plafonds élevés (1700 m au-dessus du sol dans les barbules) et des pompes puissantes, j’avais de la réserve pour faire de longues transitions entre deux nuages sans risquer de me retrouver trop bas et sans perdre trop de temps à remonter. J’ai vu quelques buses voler ensemble en ligne droite, c’était beau. Au-delà de Pithiviers, le ciel est devenu tout bleu, de rares petits cumulus indiquaient de ci de là encore la présence d’un thermique. Quand il n’y a plus de nuage, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de thermique, mais que la masse d’air est trop sèche pour que la vapeur d’eau se condense en nuages. En tout cas, si thermique il y a, le problème est qu’on se sait pas où, car pour déterminer au sol les zones de contrastes thermiques qui peuvent déclencher des pompes alors que tous les champs sont quasiment de la même couleur, c’est compliqué, et en fait c’est très aléatoire, et on peut vite se retrouver au tas. Je souhaitais initialement effectuer mon second point de virage à Méréville, près de la N20 au sud d’Etampes, mais le seul cumulus qui trônait dans le secteur me semblait trop loin à atteindre (sans oublier la possibilité que le cycle du thermique soit terminé une fois arrivé sous le nuage...). J’ai donc préféré en rester à Thignonville, entre Sermaises et Méréville, où une pompe m’a remonté un peu en dessous de la base du petit nuage (je me suis limité à 1800 m sol, soit environ 1910 m par rapport à la mer, en raison de la présence de la TMA Paris 7 en classe A à 6500 ft QNH, soit 1981,2 m QNH). Le ciel était d’une limpidité exceptionnelle. De tout là-haut, on voyait loin partout (sauf face au soleil), et notamment on voyait tout Paris. C’était beau ! Ensuite, j’ai le cap vers l’est où la région de Nemours et de la forêt de Fontainebleau générait davantage de cumulus. Mais pour l’atteindre, il fallait traverser une vaste zone de ciel bleu... Alors j’ai fait confiance, je me suis dit « on y va, et on verra bien ». Il se trouve que j’ai pu croiser un ou deux thermiques, venus de je ne sais où, et qui m’ont permis de reprendre du gaz et de continuer ma route. Il se trouve également que j’ai eu la chance de croiser une ribambelle de planeurs, évoluant certainement dans le cadre du concours de vol à voile de Bailleau. On a eu plusieurs fois l’occasion de spiraler ensemble à peu près au même niveau (et de jouer à celui qui montera le plus vite, et pour ça, mon aile a des atouts), Comme ils volent naturellement bien plus vite que mon aile, et comme ils allaient aussi vers l’est, ils me balisaient tout simplement les pompes dès que je les voyais se mettre à tourner en gagnant de l’altitude. Entre Malesherbes et la région à l’est de Nemours, j’ai eu droit à un festival de planeurs qui se suivaient et avec lesquels je spiralais joyeusement dans les thermiques. Souvenirs de vélivole, c’est quand même beau de voir voler tous ces planeurs. L’un d’entre eux, un biplace, que j’avais perdu de vue dans une pompe parce qu’il était derrière moi, a surgi par en dessous à toute vitesse en passant très près. Surpris durant une seconde, j’ai vite compris que les pilotes voulaient jouer eux aussi, et on se faisait des grands signes pour se saluer ! Au nord-est de la forêt de Nemours, au sud de Moret-sur-Loing, le ciel était à nouveau tout bleu. L’après-midi était déjà bien avancé, la convection commençait à s’estomper et les thermiques se faisaient plus rares. Une ultime tentative vers l’est sous un cumulus dont la pompe était introuvable m’a convaincu qu’il était temps de faire demi-tour et de tenter de rentrer au terrain. Un morceau de chance, une zone de forts contrastes thermiques juste au sud de la forêt de Nemours, chapeautée par un beau cumulus, a généré une bonne pompe qui m’a remonté à 1800 m sol. Après une dernière pompe en franchissant le Loing, vers le sud-ouest, il n’y avait plus rien. Ni nuage, ni planeurs, qui étaient repartis chez eux. Avec le soleil dans les yeux, pas évident de déterminer précisément la route à suivre. Entre la centrale de Gien au sud, et la ville de Pithiviers que j’apercevais à l’ouest, je me suis dit que viser entre les deux devrait faire l’affaire. Après un long vol plané où j’ai dû voler vite pour échapper à des zones de « dégueulantes » et optimiser la finesse déjà pas énorme, j’ai aperçu enfin les bâtiments caractéristiques de la Gare d’Auxy, indiquant que le terrain d’Egry n’est pas loin. Grâce à une dernière pompe providentielle qui m’a remonté à 1000 m sol, j’ai pu rejoindre le terrain. J’ai volé 4h51 et parcouru un triangle FAI de 150 km ( https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/2016/vol/20222837 ). Mon pilote remorqueur était toujours là, en train de papoter avec un pilote constructeur d’un autogire, et l’accueil s’est passé avec des sourires jusqu’aux oreilles de joyeux éclats de rire. Raconter la journée, replier mon aile tranquillement sous un beau soleil d’une belle fin de journée d’été (mais pas trop chaude), la vie est belle ! Je suis reparti dans mon auto avec une joie indicible, heureux de vivre de tels moments, c’était bien.
Voici le décollage en remorqué le 6 août


Fort de cet enthousiasme, j’ai appelé mon autre pilote remorqueur à Saint Benoît qui revenait de week end pour lui demander s’il serait disponible pour me remorquer dès le lendemain. Les prévis annonçaient un vent d’est et des plafonds à 2000 m, alors il ne fallait pas rater ça, même si c’étaient des thermiques purs, et même si la fatigue du soir était bien présente. Finalement, le plafond annoncé était loin d’être au RdV. Des cirrus (prévus) ont envahi le ciel, réduisant singulièrement la convection. Un copain deltiste était là, et on a volé chacun deux heures. On a spiralé à deux reprises ensemble dans la même pompe au même niveau, c’était sympa, cela m’a rappelé les planeurs de la veille. Mais surtout, les couleurs de la Loire vue d’en haut, avec les dégradés tout en nuance entre le vert clair ou le vert foncé des algues, et les tons des couleurs du sable ou la terre, ainsi que les courbures locales de l’écoulement du fleuve, étaient magnifiques. Ce vol du lundi ne s’est pas passé comme je l’envisageait, mais il m’a apporté tout ce que je demandais : un vol sympathique pas trop fatigant avec des beaux paysages, et quand même un retour le soir à mon domicile (à force de piquer du nez en conduisant, même lentement, j’ai dû m’arrêter sur la route pour dormir un peu...). Mon vol du dimanche doit être relativisé par rapport à celui d’un parapentiste qui n’a pas eu froid aux yeux en profitant d’un vent fort du ONO la veille pour réaliser une grande distance entre Clécy et un patelin à l’est de Nemours... 256 km en 6h30... Chapeau ! J’avais hésité à aller voler, en raison du vent de travers plutôt fort sur la piste, du danger que cela représente pour l’ulm au sol, et de la couverture nuageuse qui semblait bien dense en milieu de journée mais qui s’était bien dégagée en fin d’après-midi. En IdF, mieux valait se réserver pour le lendemain. Si des grandes distances d’ouest en est ont plusieurs fois été réalisées en parapente au nord de la Loire, à ma connaissance, l’inverse n’a pas encore été fait, et le challenge reste ouvert.

FL

vendredi 14 juillet 2017

Vol du 14 Juillet


Les affaires reprennent. Après un incident médical qui m’a cloué au sol début juin, notamment lors des journées fumantes des 2 et 5 juin, après deux vols en local de Saint Benoît et un troisième sur la campagne par delà la forêt d’Orléans (AR presque bouclé en thermiques purs), après deux sorties ratées en juin où j’ai dû replier à cause d’un problème technique sur mon aile, je commençais à désespérer un tantinet. Et puis le 14 juillet est arrivé en fanfare, me donnant ainsi l’occasion de rompre le silence de la télépathie pour basculer vers celui des messages électroniques. Sur la route vers Egry, le ciel était partagé en deux : à l’est, ciel bleu, et à l’ouest, front de cumulus à 5 ou 6 /8e progressant vers l’est. Décollage tardif, en raison d’un bricolage à domicile que je voulais terminer impérativement avant tout autre chose (même aller voler). Je n’en ai que mieux enroulé les bonnes pompes dont la première m’a propulsé direct au plafond en quelques tours. Après, ce fut moins glorieux, mais les conditions étaient bonnes, et le vent d’ouest qui soufflait fort en altitude (déjà au sol, il y a eu un gag au décollage par vent de travers qui aurait pu mal finir), ne gâtait rien pour tenter une distance sur la campagne. Comme toujours, les paysages étaient très beaux, et certains me rappelaient des souvenirs. Posé le soir à Crenay, au sud de Chaumont (52), après 4h40 de vol, sous un ciel complètement bouché. Mais rien ne fut jamais gagné d’avance, dans les thermiques, c’était une lutte permanente (je me rendais compte assez souvent qu’il fallait que je décrispe mon corps dans le harnais !). Trois points bas, entre 400 m et 500 m sol, en me disant à chaque fois que la fin du vol était pour bientôt. Je crois que ce renoncement m’a permis de me détendre suffisamment pour être prêt à « bondir comme un chat » lorsqu’un thermique providentiel se présentait pour me remonter à la base des nuages. Distance parcourue = 209 km ( https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/2016/vol/20221368 ).
Encore un morceau de chance pour la récupe : la première personne à qui j’ai demandé où on est m’a proposé de me conduire carrément dans le centre de Chaumont, où j’ai pu avoir la dernière chambre de l’hôtel formule 1 avant de repartir vers Paris dans le premier train du matin. Et pour retourner à Egry, un bon copain m’a carrément conduit de chez lui à Orsay (91) jusqu’à mon auto, formidable ! 550 km AR et quatre pauses repos pour récupérer mon aile et rentrer au logis, exténué. Le week end a été juste suffisant pour récupérer un peu de sommeil. Deux parapentistes en plaine ont également bien profité de cette belle journée. Lundi 17 juillet a été également une superbe journée pour le vol à voile, que j’ai laissé passer pour cause de fatigue résiduelle (snif) et de diverses bricoles à faire avant mon départ en randonnée dans les Alpes. Bons vols à tous, notamment en treuil pour lequel la bonne volonté de son promoteur ne manque pas !

FL

samedi 10 juin 2017

Voler dimanche

Hier, je suis allé voler à Saint Benoît. Les paysages au-dessus de la Loire sont toujours magnifiques.

A midi, le ciel était pavé de cumulus, pas très hauts mais prometteurs, et à 14 heures, ils s'étaient tous évaporés,la masse d'air avait changé (non prévu par les prévis). Alors je suis resté en local (William n'était pas dispo avant 14 heures), ce qui m'a permis de rentrer chez moi le soir pas trop tard.

Mon vol a duré 3 heures. Vent NNO faible à modéré. Montées laborieuses pendant les deux premières heures,plusieurs points bas, 1150 m sol max. 

Et puis à partir de 16h30, l'aérologie a changé, les pompes étaient plus larges, plus régulières, plus puissantes, et le plafond a monté (1391 m sol max).

Si je n'ai pas volé jusqu'à 22h30 (vidéo sympa du reste), mon visage a bien pris le soleil, je m'en suis mis plein les mirettes,et à la fin du vol, je me suis payé une petite pointe de vitesse à 117 km/h... Vario -3,8 m/s, finesse 8,5, il valait mieux éviter de croiser un cisaillement !

Pas de photo ni de film, juste quelques lignes, que les gestionnaires du blogspot insèreront dans l'outil de communication du club si tel est leur bon vouloir !

Dans le courant de l'après-midi, il y a eu également une ribambelle de planeurs qui sont venus tourner jusqu'à la lisière de la forêt d'Orléans. 

William m'a dit qu'il s'agissait du concours annuel à Romorantin. Il n'empêche traverser la Sologne, en thermique purs, avec 1200 m de plafond, et par vent de face, il faut quand même le faire. Chapeau, les planeurs !

FL

dimanche 21 mai 2017

Aérologie déconcertante

Des cumulus, il y en avait ce dimanche, mais en effet pas toujours faciles à atteindre.

Je suis allé tenter ma chance à Saint Benoît, avec William comme pilote remorqueur.

Vent annoncé et confirmé du SE pour 15 km/h. Une option Bar sur Aube était envisageable, mais le vent annoncé (10 km/h) étant trop faible pour y voler décemment en delta, j'ai préféré éviter de reproduire le flop du 9 mai.

La veille, j'ai bien tenté de convaincre notre président de m'accompagner avec son Titan-aiglon, mais il était retenu par une grande réunion de famille. C'est quand même terrible, ces obligations familiales qui ne tiennent pas compte de la météo ! (sourire).

Décollage vers 12h45 (il y avait la fête du club au terrain, alors William a papoté un peu). Il y avait des cumulus partout, c'était génial. Première pompe perdue après 180 m de gain, et un puis un tas. 16 mn de vol!

Second décollage vers 13h20, avec un peu plus de combativité pour exploiter les thermiques. Trois heures de vol, et posé dans la Beauce à 20 km de Chartres, entre la A10 et la ligne TGV.

L'aérologie a été passablement déconcertante. Les thermiques étaient très irréguliers, du genre + 2 m/s et -2 m/s dans le même quart de tour de spirale... ou alors ils étaient trop étroits pour ma pauvre aile rigide. Les thermiques devenaient plus réguliers à partir de 900 m à 1000 m sol. En dessous, c'était systématiquement la cacophonie aérologique.

De quoi enflammer en tout cas la tension nerveuse. Le plafond max était vers 1400 m, voire 1500 m dans les barbules. La dérive plutôt de l'ESE étant significative en altitude, ma direction du jour a été vers le nord-ouest, en prenant soin de contourner la TMA de Bricy, donc il fallait passer par Pithivers pour être libéré ensuite de la contrainte des espaces aériens.

Après Pithiviers, le vent s'est renforcé, et le ciel relativement bien pavé en cumulus suggérait qu'il était encore possible d'atteindre Chartres et peut-être au-delà. Cependant, les nuages devenaient plus espacés, ce qui augmentait le risque de me retrouver trop bas en arrivant sous le nuage suivant et d'être soumis à nouveau à une chance aléatoire pour remonter sans trop galérer. Deux points bas m'ont été fatals. Le deuxième était d'ailleurs à 150 m sol, juste à côté d'un groupe d'éoliennes dont j'ai pu ainsi estimer la hauteur (en évitant de jouer à Don Quichotte).

Distance parcourue = 90 km (base ulm de Saint Benoît, Sully, Pithiviers, Epincy, à 3 km à l'ESE de Boisville la Saint Père). La trace gps montrera que le vent soufflait à 23 km/h à la fin du vol. Pas étonnant que le vent ait eu raison des maigres thermiques dans les basses couches. A partir de 17h30, les nuages ont complètement disparu. Apparemment, la journée n'était pas extraordinaire pour voler sur la campagne. La Normandie est encore très loin !

Retour au terrain en stop par la N154 entre Chartres et Orléans, puis par le trajet habituel le long de la Loire jusqu'au terrain. Encore une chance : un jeune homme d'une ferme à Epincy m'a gentiment déposé à côté d'une aire de stationnement de la N154, et puis un autre, qui rentrait tôt chez lui avant d'aller travailler à 6 heures du matin chez Amazon m'a carrément déposé à Saran dans la banlieue nord d'Orléans. Sur la route après le terminus du tram à l'est d'Orléans, le stop ne fonctionnait plus, bien que je n'en finissais pas d'appuyer sur les boutons des feux pour qu'ils passent au rouge et me permettent ainsi de parler aux conducteurs. En voyant une auto récupérer un jeune homme qui l'attendait, j'ai sauté sur l'occasion en me précipitant vers l'auto avant que la porte ne fût refermée, et j'ai demandé à la conductrice si elle voulait bien m'avancer un peu. Comme elle était joviale, elle a accepté. Elle m'a demandé si je faisais du stop, j'ai dit oui, et elle m'a répondu "vous êtes fou" !! Curieusement, les deux derniers véhicules qui m'ont transporté étaient conduits par un français d'origine turque, puis par un jeune homme parlant très mal le français et qui allait travailler la nuit dans une usine de betteraves... Je me suis autorisé à penser que des gens ayant connu des difficultés sont plus enclin à rendre service, bien que, heureusement, de nombreuses personnes possèdent encore cette qualité naturellement. Je fus rendu à mon auto vers 21h45, juste avant la tombée de la nuit, puis à mon logis vers 1h30 via une excursion nocturne dans la Beauce pour récupérer mon aile.

Sur la CFD parapente, on voit que des parapentistes ont bien tiré leur épingle du jeu, notamment au départ de Bar sur Aube où les conditions devaient être meilleures, avec un dérive annoncée et confirmée de 10 km/h. L'un d'entre eux a parcouru 107 km en 5 heures, un second a parcouru 175 km en 6h50 (posé à Beaune la Rolande), et un troisième, bien connu pour ses records de distance, a parcouru 178 km en 5h30 au départ de Vix, près de Châtillon sur Seine pour aller se poser à Pithiviers. Chapeau !

FL

lundi 8 mai 2017

Saint Benoit dans les nuages

Grâce à Frédéric et William, je poursuit ma progression en remorqué. Les conditions sont optimales comparativement à la dernière séance : l'atmosphère matinale est très calme, et j'ai mieux configuré mon matériel en baissant mon attache et en ayant retrouvé le moyen d'utiliser l’overdrive


de fait, plus de problème pour rester à l'altitude du remorqueur
 sauf que..c'est difficile de se repérer avec la ligne d'horizon
 la séance se concrétisera par deux largués à environ 700 m d'altitude
 puis un retour paresseux sur le plancher des vaches
 avec une amorce de posé tout à fait correct
 euh, non , il reste une importante marge de progrès

voici la trace GPS du premier : pour un vent au sol presque nul, la montée s'est effectuée à une vitesse sol de 60-63 km/h, un taux de monté d'environ 2,5 m/s. La descente en libre s'est faite à un taux de chute moyen de 1,4 m/s.

enfin une devinette: pour ceux que j'ai tarabusté toute la semaine pour m'aider à remplacer une poulie de renvoi perdue lors du démontage de mon aile: devinez où j'ai retrouvé cette jolie pièce de 4 mm d’épaisseur et de 12 mm de diamètre : dans la quille bien sûr!
la vidéo est là


BdlB et FL

samedi 29 avril 2017

Rencontre à Loulappe

Récit de vol du Samedi 29 avril 2017
Un ciel de traîne s’installe au nord de la Loire entre deux perturbations, l’une de la veille, et l’autre à venir le lendemain. Une fois n’est pas coutume, le vent est plutôt du secteur sud-est, ce qui m’invite à surveiller la météo sur le site de Saint Martin sur Armançon. Le vent annoncé étant finalement trop faible dans l’Yonne, je me rapatrie vers Egry, où Michel est toujours enthousiaste pour me remorquer. Au terrain, il se trouve que le vent n’est pas si faible que cela, à vue d’oeil entre 10 et 15 km/h, et que les rafales, probablement dues aux thermiques naissants, sont quand même bien soutenues. Décollage en chariot dans une accalmie vers 13h40, après un vol exploratoire de Michel en ulm (c’est un rituel !), qui m’annonce une base des nuages à 1200 m. La première pompe n’est pas extraordinaire, et je la quitte avant d’atteindre le nuage, pour filer vers des nuages plus gros qui se dessinent au nord-ouest. Le premier est un leurre, aucun thermique. Premier point bas à 500 m sol sous le second, où le thermique recherché se présente enfin. D’abord timide pendant quelques minutes, il prend soudain de la puissance pour m’emmener rapidement jusqu’à la base du nuage à plus de 1300 m. La dérive étant relativement importante, je décide d’abandonner l’idée d’un triangle pour filer à nouveau dans le sens du vent et tenter une distance vers la Normandie. Cependant, il faut rester prudent, car la masse d’air et le sol étant relativement humides (il a plu la veille, et le matin à Egry, il y avait une bonne épaisseur de brume), les cumulus « hongrois » peuvent être de la partie. Une fois sorti des barbules en direction de Pithiviers, j’ai le plaisir de survoler et d’admirer la forteresse médiévale de Yèvre-le-Châtel. Puis c’est au tour du centre ville de Pithiviers, notamment en spiralant dans un thermique qui me propulse à nouveau dans les barbules. Plus loin vers le nord-ouest, finie la rigolade. Les thermiques sont mous, déconcertants, et les nuages sont trompeurs. Les endroits ensoleillés au sol pouvant créer des contrastes thermiques (villages, champs de terre de couleur claire) sont inopérants, et la baisse de mon altitude devient inquiétante. A 700 m sol, une pompe un peu plus régulière m’enveloppe dans un coin sans nuage… Mes repères sont balayés. En fait, un petit nuage se forme quelques minutes plus tard, et disparaît rapidement. Des étalements se forment dans le ciel, ce n’est pas bon signe. Même les planeurs quittent ce secteur. Qu’à cela ne tienne, tant que je ne suis pas posé, il faut continuer à avancer et à chercher des thermiques. Les choses s’améliorent avant de survoler la N20 puis la A10, où la base du nuage s’élève à 1500 m sol. J’ai même le plaisir d’apercevoir une buse qui balise la pompe, et qui me double allègrement. Après, c’est à nouveau la morosité sous des nuages qui s’étalent de plus en plus. Je saute de pompouillette en pompouillette sans vraiment gagner de la hauteur. A la faveur d’une éclaircie autour de Boisville-la-Saint-Père, un dernier thermique digne de ce nom me remonte à 1400 m. Un clin d’œil en passant vers Aigneville, d’où il me reste de nombreux souvenirs de vol libre. Ensuite, sous les étalements, trouver des thermiques devient quelque peu aléatoire. En l’absence de forêt pour restituer la chaleur quand il n’y a plus d’ensoleillement, il faut survoler les champs de maïs ou les champs de colza. Les seconds étant nombreux dans la région, j’ai une chance de rester en l’air encore un peu, pour autant que le vent, qui s’est renforcé, ne hache pas trop les courants ascendants. En abordant la jolie vallée de l’Eure, qui serpente entre quelques étangs, entourée de verdure, et jalonnée de quelques villages, un ultime thermique me permet de gagner à peine 100 m, et puis après c’est fini. Atterrissage dans un champ de terre au sud de la rivière (pour plus de discrétion par rapport à la route à grande circulation qui passe juste au nord), entre la rangée d’arbres et une petite ligne électrique parallèle au cours d’eau, non loin d’une ferme où j’espère mettre mon aile à l’abri en cas de pluie avant la récupe. Il est bientôt 16h15. Le vent souffle, et le ciel est complètement couvert.

La chance me sourit à nouveau lorsque, juste après le transport mon aile sur le chemin à côté du champ pour la replier, un homme et deux de ses enfants arrivent en 4x4 à ma rencontre. Ils n’ont jamais vu de delta et sont émerveillés en découvrant mon aile. Ils veulent tout savoir en se demandant comment ça vole et comment j’ai pu voler jusqu’ici ! Naturellement, c’est avec grand plaisir que je réponds à leurs questions. Devançant mes pensées, l’homme me propose carrément d’aller chercher sa grande remorque de 5 m de long pour mettre mon aile dans sa ferme à l’abri des intempéries. J’accepte bien volontiers, à condition de placer quelque chose entre mon aile et la remorque pour amortir les secousses. De grands sacs en plastique épais feront l’affaire. Trois quarts d’heure plus tard, l’équipe revient avec tout le matériel. Mais il faut se dépêcher, car ils doivent aller à la messe à 18 heures (dans la seule église plantée au milieu des champs, c’est insolite), et la maîtresse de maison a rappelé qu’ils ont aussi organisé un buffet après l’office. La remorque est immense. Outre les céréales, qui constituent l’essentiel de leurs revenus, ils cultivent également des sapins de Noël (il faut attendre sept ans avant de les couper), et les transportent grâce à cette remorque. Une fois celle-ci rangée sous un grand passage couvert de leur ferme avec mon aile dedans, ils me déposent sur la route vers Courville-sur-Eure, où s’arrêtent des trains allant directement à Paris. En moins d’une heure de marche à un rythme soutenu, je suis rendu à la gare, où des gens attendent justement le prochain train vers Paris. J’apprends que celui-ci est très en retard, ce qui me laisse donc encore une chance de monter dedans après l’achat du billet. Une fois installé confortablement dans une rame, l’idée me vient que si le train a eu une demi-heure de retard, c’était pour m’attendre, c’était pour me permettre de l’attraper après mon effort pédestre et de rentrer au logis pas trop tard ! Le lendemain matin, après une bonne bière, une bonne douche, et une courte nuit, le RER m’emmène à Etampes où j’attrape un bus (avec un horaire unique le dimanche matin à 9h20), qui me conduit au centre ville de Pithiviers. Parmi les agglomérations autour d’Egry desservies par des transports en commun, Pithiviers est la plus proche (17 km), devant Malesherbes (24 km) et Montargis (30 km). En quatre voitures (de préférence interceptées à un feu rouge, sinon le stop fonctionne difficilement) et un peu de marche, je suis rendu à mon auto vers 11h30. Le ciel est clair, le vent du sud-est s’est renforcé, et on aperçoit au loin vers le sud-ouest les prémices de la perturbation qui arrive. Retour paisible chez le fermier, ponctué d’une pause dodo sous un déluge tant attendu par les agriculteurs. Quand mon aile est enfin attachée sur le toit de mon auto, la pluie a cessé, et en évitant de rouler trop vite vers mon logis à l’est où l’orage s’est décalé, il y a des chances que l’aile reste sèche au cours du trajet. Avant de partir, je vais saluer mon hôte pour le remercier, et il m’invite à entrer dans sa maison. En plein déjeuner dominical avec des amis, ils sont ravis d’accueillir un adepte du vol libre. Ils veulent en apprendre davantage sur la pratique de cette activité qui les impressionne et qui fait rêver le chef de famille. Alors, devant un auditoire conquis, c’est avec grand plaisir que je leur raconte certaines de mes histoires qui les tiennent en halène et qui font grandir à la fois leur enthousiasme et leur appréhension. Au bout d’un certain temps, ne souhaitant pas abuser de leur gentillesse, je prends congé en les laissant terminer leur repas. L’accueil de ces gens a été formidable, c’est génial de faire de telles rencontres dans le cadre du vol libre. Retour au logis juste avant la pluie qui durera toute la nuit. La distance parcourue entre Egry, la gare d’Auxy et Loulappe, lieu de mon atterrissage, s’élève à 101 km. La route est longue pour atteindre la Normandie, mais j’espère avoir l’opportunité un jour de me poser non loin du lieu de villégiature de notre cher et dévoué président (du DPCNP) et de déguster quelques bols de cidre avec lui, quoique qu’il me faudra tout de même soulever discrètement un coin de la TMA de Deauville pour me glisser en dessous ! Encore une belle journée de vol libre, des beaux souvenirs, et l’envie toujours plus folle de recommencer et d’aller plus loin !

Frédéric

mardi 18 avril 2017

Vol du 18 avril 2017

Au matin du mardi 18 avril 2017, après une activité matinale la veille à Saint Benoît pour accompagner notre ami du même prénom dans ses premiers remorqués, c'est à nouveau le branle-bas de combat à la maison pour retourner à la base ulm, cette fois avec mon aile, pour essayer de profiter d'une superbe journée dont les émagrammes montrent des profils aérologiques à faire rêver. Vent au sol NNE de 15 km/h à 20 km/h, plafonds vers midi annoncés vers 1400 m, et s'élevant plus haut dans l'après-midi. Le hic, c'est qu'il va faire froid (-4°C à 1500 m...). Triple épaisseur de vêtements, cagoule sous le casque, manchons spécial ulm que j'ai placés sur la barre de contrôle, histoire de me réchauffer régulièrement les mains déjà gantées. Décollage vers 12h45 (à pied, et en trois pas grâce au vent de face), première pompe effectivement jusqu'à 1400 m. J'enquille direct au-dessus de la Sologne, profitant déjà de quelques alignements de cumulus, c'est l'euphorie. En dessous, si on voit de la forêt partout, ce n'est quand même pas l'Amazonie, et des champs posables accessibles depuis ma position apparaissent régulièrement. A l'est de Nouan-le-Fuzelier, je vole à nouveau dans les barbules, à plus de 1600 m, c'est formidable. Et puis après, c'est la Berezina. Sous le cumulus suivant vers Salbris, qui me semblait pourtant bien sympathique, impossible de centrer correctement la pompe, qui est tellement molle et hachée que l'exercice devient aléatoire. Point bas à 540 m, lente remontée à 780 m, et puis c'est fini. Le problème est que les champs posables dans le secteur sont plutôt rares. Alors j'utilise l'altitude qui me reste à prospecter un champ correct. Une fois celui-ci choisi, je m'y tiens. En plus, il est à côté d'une ferme ensoleillée, donc qui devrait déclencher un thermique. Que nenni, les bulles sont toujours aussi hachées. A 250 m sol, je prépare mon approche en faisant des S au-dessus de la forêt sous le vent du champ. Dans le sens du vent, celui-ci ne fait que 200 m de long et il est entouré entièrement par des arbres ayant bien une vingtaine de mètres de hauteur. Ma hantise est d'effacer le champ en finale... A cause des manchons sur la barre de contrôle, je ne parviens pas à fixer la cordelette des volets dans le taquet coinceur. Deux fois, les volets repassent en lisse, tandis que l'aile accélère... Panique à bord, je prends le taureau par les cornes pour fixer correctement cette p... de cordelette. Ouf, les volets sont tirés à fond, le vent de face fait son effet de frein par rapport au sol tandis que la pente de mon aile augmente enfin. Passage au ras des arbres à la lisière du champ, un virage à droite et un virage à gauche pour éviter de trop manger du terrain, courte finale, gradient de vent, posé. Il est bientôt 14 heures... Ce champ était celui " de la dernière chance ", mais tout va bien. J'ai atterri dans de l'herbe grasse, il n'y a pas mieux. Un homme vient à ma rencontre pour me dire que je nage en plein milieu d'une parcelle qui est recouverte de produits phytosanitaires (ils font pousser du fétuque), et qu'il vaudrait mieux éviter de me lécher les doigts ! Une chance inouïe : on m'apprend qu'un des ouvriers doit partir à 15 heures pour rentrer chez lui à Lorris (au nord de Sully) et qu'il peut m'emmener volontiers. Impeccable, cela me laisse le temps de replier mon aile et de la ranger le long de la clôture à l'extérieur du champ. Pendant ce temps, les cumulus défilent majestueusement dans le ciel... quoiqu'ils sont en train de grossir et de se charger au nord. De la pluie tombe sur le trajet vers Sully. A 16 heures, je suis rendu à mon véhicule, c'est royal. Comme disaient les gens accueillants du domaine où j'ai atterri (le Bois Lurette, accessible par la N20 au sud de Salbris), " je suis bien tombé " ! Les jolis villages traversés au cours de mon retour nonchalant vers Salbris pour récupérer mon aile et saluer le gardien méritent bien un peu de tourisme. Au sud du Cher, j'imagine que ce devait être le festival des cumulus haut perchés, mais pour ce qui est de leur rendre visite par la voie aérienne, ce sera pour une autre fois. La Sologne a peut-être besoin qu'on s'y frotte à plusieurs reprises avant de livrer ses subtilités !


Psst : Et ce sont encore des parapentistes qui nous ont mis la pige en parcourant plus de 200 km en décollant d'un site orienté nord entre Chaumont et Langres (Charmoilles) et en se posant entre Mâcon et Lyon. Un autre parapentiste a également décollé de Saint Marc d'Ouilly au sud de Caen pour aller atterrir en Loire?Atlantique (156 km)... Bravo à eux, c'est le moins qu'on puisse dire !

FL