lundi 6 mai 2019

Pas dégonflé pour un triangle FAI

« Beau temps à planeurs ! », aurait pu écrire Michel Klich, le monsieur météo des planeurs d’Orléans, sur le site très utile qu’il a arrêté d’animer depuis quelques années. Une masse d’air convective et homogène sur une bonne partie du Gâtinais, de la Sologne, de l’Yonne et de la Seine et Marne, avec de surcroît un vent faible de secteur nord-nord-est et des plafonds honorables, voilà ce qu’on pouvait lire en résumé sur les sites de prévision dans la région pour le lundi 6 mai 2019. Une aubaine à saisir pour tenter un vol de distance en triangle. Et tant qu’à faire, autant les prévoir grands, le vol et le triangle ! Martin Morlet, excellent pilote de parapente, (ancien) détenteur du record de distance en vol libre en France, m’avait encouragé en 2018 en me disant qu’un triangle de 200 km en plaine est à ma portée, « tu peux le faire » ! Bon, alors il ne me reste plus qu’à attendre les bonnes conditions météo.

Et aujourd’hui, l’opportunité se présente bien. Les conditions aérologiques annoncées étant meilleures au-dessus du Gâtinais que de la Loire, je choisis de décoller à Egry, avec comme plan de vol un triangle que j’ai parcouru plusieurs fois et que j’élargis pour la circonstance : premier point de virage au sud à Lorris, en bordure de la forêt d’Orléans, puis route vers le nord-ouest jusqu’à Angerville, puis vers l’est jusqu’à Villeneuve-la-Guyard, entre Montereau et Pont-sur-Yonne, et retour à Egry. Cela fait un beau triangle FAI de 207 km. Mais pour réaliser en delta une telle distance sans vent, je dois pouvoir compter sur une durée de convection d’au moins sept heures, voire peut-être huit heures en cas de difficultés. Et cela tombe bien car aujourd’hui, la convection sera exploitable dès 11 heures ! Michel Moussier, toujours disponible et enthousiaste pour me remorquer, est un peu surpris par ma suggestion de se retrouver au terrain « prêt à décoller à 11 heures », car de mémoire de libéristes, on ne l’a encore jamais fait. Mais il accepte bien volontiers.

Comme prévu, les premiers cumulus se mettent en place vers 11 heures, tandis que je termine de préparer mon aile. Le gag : Michel, qui tarde à arriver avec l’ulm, m’annonce qu’une roue de l’ulm est à plat et que je vais devoir patienter un peu le temps de la regonfler ! Eh ben, heureusement que la météo n’était pas bonne la veille, le dimanche 5 mai, pour tenter un grand vol de distance depuis Egry vers le sud. Car il était question que nos amis deltistes du sud-ouest montent depuis Terrasson, dans la Corrèze, et de Montauban pour le plus éloigné, pour tenter à nouveau, au départ d’Egry, la même opération que celle du 1er mai 2016 au départ d’Aigneville, ou celle du 22 juin 2009 au départ de Saint Benoît. Avec la nécessité absolue de décoller le plus tôt possible, sinon ce n’était pas la peine. Alors s’ils étaient arrivés en ayant roulé une partie de la nuit et en trouvant la roue de l’ulm HS, ils auraient été contents ! 

A 11h28, le ciel est déjà bien garni, et l’ulm est bientôt prêt !

Finalement, après avoir prêté main forte à Michel pour achever un regonflage de fortune de la roue, qui devrait tenir le temps d’un décollage et d’un atterrissage, on décolle vers 11h40, ce qui n’est déjà pas si mal. Les 26 premiers kilomètres jusqu’à Lorris se déroulent sur « un tapis volant ». Le plafond s’élève rapidement de 1250 m QNH à 1500 m QNH, l’aérologie est prometteuse, et je décide de pousser un peu plus au sud de la ville, histoire d’augmenter un peu la taille du triangle. A la fin de l’ascenseur qui me rehausse jusqu’à la base du nuage, tout semble aller pour le mieux, et je mets le cap au nord-ouest vers Pithiviers. Il se produit alors un phénomène étrange : dans cette direction, je vois les nuages se former et se désagréger dans la foulée, plus rien ne tient. Je ne comprends pas ce qui se passe, mais je comprends juste que si je ne veux pas terminer lamentablement au tas, il ne faut surtout pas aller vers le nord-ouest. Quant à inverser le sens du triangle en allant donc vers le nord-est, l’idée ne me séduit guère car l’arrivée d’un voile de cirrus par l’ouest est également prévue en fin de journée, notamment dans la région d’Angerville, et l’orientation du vent à ce moment aurait impliqué une composante de face sur la dernière branche du retour, ce qui n’est pas terrible, même si le vent est faible. Exit le plan de vol. Pour rester en l’air et profiter de la journée, il faut aller là où il y a des cumulus, et ceux vers le sud me tendent les bras. En plus, en poursuivant dans cette direction, le segment depuis Egry pourra constituer la première branche d’un triangle qui reste à définir. Dans ses facéties, la providence taquine me montre une autre voie que celle que je m’étais tracée, alors suivons la gaiement !

Mais il faut encore traverser la forêt jusqu’à la plaine champêtre au nord de Sully. Par chance, elle n’est pas trop large dans cette direction. Deux thermiques successifs me remontent chacun à plus de 1100 m sol. Ce n’est pas très haut, mais suffisant pour traverser la forêt. Premier point bas de la journée à 530 m sol près de la lisière au sud, où un premier thermique me sauve d’une situation délicate. Un second me permet de remonter un peu plus haut, mais ce n’est pas encore gagné. Plus près de la Loire, un troisième plus puissant me permet d’atteindre enfin l’altitude confortable de 1650 m QNH dans les barbules… C’est royal ! La vue sur la Loire et sur le château de Sully est toujours magnifique, c’est super de se trouver là-haut à contempler ce paysage. Ma route vers le sud se poursuit tranquillement de nuage en nuage, en prenant soin d’éviter la zone interdite de la centrale nucléaire de Gien. Dans cette partie de la Sologne, les champs sont nombreux et un éventuel atterrissage en campagne ne pose aucune difficulté, pour autant que le champ fût choisi assez tôt. Il y a cependant un détail qui fait partie du voyage et qui s’invite de lui-même malgré les protections, c’est le froid. Avec une température au sol voisine de 10°C au décollage, la température à 1500 m descend vers -5°C d’après les prévis, et donc il vaut mieux bien se couvrir en l’air. Si mes bras ont été suffisamment bien protégés durant le vol, tel n’a pas été complètement le cas pour les mains, malgré les sous-gants en soie que j’avais enfilés dans mes gants de montagne. La température lue sur mon GPS, qui doit être affectée d’une certaine inertie, varie entre 1°C et -1°C à l’altitude des nuages. Mais avec le vent relatif, la température ressentie doit être bien plus basse. Toujours est il que dès que la température lue descend en dessous de 0°C, les dernières phalanges de mes deux majeurs deviennent tout simplement insensibles. Souhaitant m’épargner d’éventuelles séquelles dont je me passerai bien, je ne vois rien d’autre à faire que de me secouer régulièrement les mains comme si elles venaient d’être brûlées, ou encore de me mordre carrément le bout des doigts pour vérifier qu’ils répondent encore un tant soit peu.

Bientôt, la limite des zones militaires réglementées et gérées par la base aérienne d’Avord approche. En semaine, ces zones doivent être sûrement actives, donc il vaut mieux éviter d’y pénétrer (ne serait-ce que pour pouvoir valider le vol sur la CFD !). Bien m’en a pris, car plus tard, j’apercevrai quand même deux avions de transport qui volent à ma hauteur en dehors des zones réglementées, et certains souvenirs chargés d’émotion me rappellent qu’il est impératif de rester à bonne distance de ces grosses bestioles. Une fois achevé le plein d’altitude au sud-ouest d’Argent-sur-Sauldre, le moment est venu de changer de cap. Et il y en a un qui est tout tracé sous mes yeux, c’est la route en ligne droite qui mène au nord-est jusqu’à Gien. Mon GPS indique que je vole depuis 2h30 et que je suis à environ 65 km du terrain. L’idée me vient alors qu’en suivant un cap au nord-est, ma distance au terrain va diminuer, passer par un minimum, puis augmenter. Si je parviens à suivre ce cap jusqu’à ce que le GPS indique à nouveau la distance au terrain de 65 km, je serai alors au second point de virage d’un triangle rectangle inscrit dans un carré de 65 km de côté, dont le périmètre est égal à 130 km plus environ 90 km (65 * racine(2)), soit environ 220 km. Ouah ! A la louche, le second point de virage est alors aux alentours de la ville de Sens, et le retour vers Egry sera sur un axe quasiment est-ouest. Sauf que ma vitesse de croisière n’est franchement pas terrible (un peu plus de 25 km/h), et que si je veux parcourir les 155 km restants en cinq ou six heures avant la fin de la convection, j’ai intérêt à accélérer un tantinet. Néanmoins, l’idée est séduisante et mérite d’être tentée. Je verrai bien en chemin comment les conditions évoluent et si je dois aviser.

Vingt minutes après mon point de virage, nouvelle déconvenue : il y a un beau cumulus au-dessus de mon aile, mais je ne parviens pas à trouver le thermique qui l’alimente. L’aérologie est déconcertante. Pendant que je tricote tant bien que mal, il m’arrive de croiser en un éclair du + 3 m/s, et puis c’est fini. Nerveusement, c’est épuisant. Et pour contribuer à me mettre la pression, mon altitude s’amenuise sans répit. Mais je dois me battre, il faut tenir en l’air, sous peine d’une sanction immédiate : au tas et loin du terrain ! Enfin, après un second point bas, je parviens à trouver et enrouler le thermique qui me rehausse à près de 1700 m QNH. Aujourd’hui, il ne faut manifestement pas descendre en dessous de 900 m sol, sinon la remontée peut s’avérer très laborieuse. Même si elle n’a pas contribué à relever ma vitesse de croisière, cette incursion dans les basses couches a eu l’avantage inestimable de me réchauffer les mains.

En quatre thermiques et une demi-heure plus tard, je franchis la Loire à Gien. Les cumulus sont nombreux et bien formés. Malgré cela, une nouvelle difficulté m’attend pour trouver le thermique régulier qui me remontera au plafond au-dessus de cette grande agglomération coiffée par les nuages. Au plus fort de l’après-midi, le plafond  s’élève à plus de 1800 m QNH, voire à 1900 m QNH autour de 16 heures. Ma route vers le nord-est se poursuit au-dessus de la grande forêt, traversée par l’autoroute et la N7, avant de retrouver l’alternance entre les champs, les villages, et les bosquets. C’est presque l’euphorie, malgré un nouveau point bas. Cet épisode s’abrège bien plus tôt que je ne l’espérais. Vers 17 heures, les nuages se soudent de plus en plus. Repensant à Michel qui me demandait, juste avant le décollage, s’il y aurait des risques d’étalements, et à qui je répondais par la négative, il faut bien reconnaître qu’il avait raison ! Alors que j’approche de la petite route entre Montargis et Joigny, le ciel devient complètement bouché.

Tant pis pour le challenge, il faut vraiment prendre la route du retour maintenant, en essayant au mieux de me rapprocher le plus possible de la forêt de Montargis. En l’absence d’ensoleillement, la restitution des bosquets est déjà à l’œuvre. Dans un secteur où ceux-ci sont plus denses, deux gentils thermiques salvateurs me remontent de mon point bas vers une hauteur qui me permet d’envisager l’avenir immédiat avec plus de sérénité. Bien qu’une clairière, où il est possible d’atterrir, existe au milieu de la forêt de Montargis, il ne me semble toutefois pas raisonnable, compte tenu de ma hauteur et en l’absence de vent arrière suffisant, de m’aventurer au-dessus de cette grande forêt pour tenter de trouver un hypothétique thermique tout en prenant le risque de me retrouver bien bas de l’autre côté, sachant que l’agglomération s’étend encore plus à l’ouest de la rivière (le Loing). Le vent actuel, évalué d’après la dérive des derniers thermiques, étant du nord-est, longer la forêt par le sud me semble la bonne option pour augmenter les chances d’enrouler une bulle de restitution. Et ça marche ! Me voici maintenant à 1450 m QNH aux abords de la ville à l’est. Si je peux traverser l’agglomération sans problème, je suis quand même à 31 km du terrain, alors je ne me fais pas trop d’illusion sur la possibilité de l’atteindre. Toutefois, au-dessus d’une concentration commerciale ou industrielle dans la partie ouest de la ville, j’ai la chance d’enrouler un ultime thermique qui me remonte doucement à près de 1000 m QNH. Après, il faut optimiser le vol plané, en suivant la route départementale qui semble aller dans la bonne direction. Curieusement, si les thermiques que je croise ne sont pas suffisamment puissants pour être enroulés, ils contribuent néanmoins à diminuer le taux de chute de mon aile. La finesse air instantanée lue sur mon GPS s’élève ainsi régulièrement à plus de 20, voire jusqu’à 30 pendant quelques secondes. C’est inattendu et fort bienvenu. Le dernier village survolé ne donnant rien d’exploitable, je me prépare à atterrir dans le secteur de la gare d’Auxy que je reconnais un peu plus loin. Il est 19h05, et je ne suis qu’à quelques kilomètres du terrain, c’est super !

Malgré le radoucissement de la température au niveau du sol, je n’ai pas quitté mes vêtements d’altitude pendant le repliage de mon aile, hormis les gants, et le bandeau qui protège et réchauffe les oreilles a même été salutaire. Encore un morceau de chance, une voiture qui passait par là m’emmène directement au hangar à Egry où j’ai laissé mon auto. Le conducteur m’apprend qu’il y a un petit restaurant sympathique sur la place du village voisin de Corbeilles, celui que j’ai survolé avant l’atterrissage. Une bonne pizza au chaud avec une bonne bière, c’est tout ce qu’il me faut pour terminer paisiblement cette belle journée de vol libre.

Mon vol a duré 7h26 et bien que je n’aie pas pu rentrer au terrain, j’ai atterri suffisamment proche de celui-ci pour que le triangle compté par la CFD soit un triangle FAI de 178 km : Egry, Eau-de-Limon (balise de départ), Argent-sur Sauldre, Fontenouilles (entre Château-Renard et Charny), Gondreville (au sud d’Auxy). La trace du vol est à l’adresse : https://delta.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20264002

Frédéric




lundi 29 avril 2019

Vol avec les mouettes à Tracy

Ce lundi dans le Calvados, le vent de Nord Est faible en matinée, doit se renforcer à environ 10 noeuds en milieu d'après midi. Le temps est prévu relativement clair, la marée est basse à 14h et avec un tout petit coefficient, permettra à tout moment des atterrissages sur la plage si nécessaire.

J'essaie d'entraîner Michel qui a prévu un périple depuis la Sartre jusqu'au Tréport, le site de Tracy sur mer est quasiment sur son chemin, mais il ne pourra en définitive pas venir.

Je suis donc seul pour représenter le club, ce qui me donne une légitimité pour bien m'aérer les plumes pendant plus de 3 heures, réparties en 3 vols. Le premier posé au sommet, pour ajouter un pull supplémentaire et changer de caméra, le second par niveau haut de ma vessie, le 3 ème parce qu'il commence à se faire tard et que le vent marque une pause.


Ce seront donc de longues glissades en compagnie des mouettes et des autres parapentistes. avec une mention spéciale pour un biplace dont je verrai le décollage depuis mon promontoire et dont la vitesse de vol me surprendra comme cela peut se voir dans le film


Les priorités ont été bien respectées, aucune caméra sport n'a été perdue en vol, aucune mouette n'a été blessée.

BdlB

samedi 20 avril 2019

Vols d'anniversaire et de Pâques

Vendredi 19 avril. Grand beau et chaud. Pas envie de rester enfermé au bureau.

En plus... c'était mon anni. Et comme j'avais posé une journée de congé au cas où la météo fût bonne pour aller voler, ce fut une excellente occasion de profiter du grand air. J'ai rejoint Michel M qui allait voler en ulm à Egry.

Vent calme et tempête de ciel bleu. Sachant que la tranche convective ne serait pas très épaisse, je me suis laissé remorquer jusqu'à 2000 m sol. Aller-retour d'une vingtaine de km pour évaluer la finesse air de mon aile avec son pilote dans une masse d'air supposée au repos, en calant la vitesse pour une valeur optimale, et en me déplaçant au minimum. Résultat en traitant la trace dans un fichier excel : 17 de moyenne !

Avec des variations : entre 2000 m et 1500 m, jusqu'au point de virage : 19,4. Sur le retour entre  1500 m et 900 m : 15.5. Comment expliquer cette différence ? L'aller avec un léger vent arrière et le retour avec un léger vent de face ? Augmentation de la masse volumique de l'air vers le sol ? Mouvements verticaux de l'air plus importants à l'approche de la tranche convective qu'en altitude ? Je ne sais pas.

En tout cas, c'est juste une indication, car en transition entre deux nuages où les "dégueulantes" sont fréquentes, la finesse air tombe souvent autour de 10, voire en dessous.

Après cette expérience, j'ai tricoté pendant une heure entre 200 m et 700 m, et puis atterri quand il n'y avait plus rien. Mon vol a duré 1h46. Des cumulus sont apparus, loin vers le nord et loin vers le sud, en fait au-dessus des forêts qui contenaient plus d'humidité que les champs du Gâtinais. Et curieusement, ils semblaient assez élevés.

Retour paisible au logis, ravi d'avoir pu profiter du soleil de cette belle journée.

Soirée improvisée chez des amis, avec la bouteille de champagne ! Les libations m'ont conduit à prolonger quelque peu le dodo du matin, indispensable pour se lever du bon pied.

Le lendemain, samedi 20 avril, nouvelle journée de beau temps et chaud. J'avais envisagé d'aller voler à Bar sur Aube.

Lever tardif, départ tardif (11h30), coup de fil tardif à MM qui était parti sur autre chose, et appels tardifs à Benoît, Octave et Jean. Benoît était occupé avec sa famille en Normandie, Jean avait un RdV prévu aux Noyers, et Octave a préféré voler à Lalandelle, car son GPS lui indiquait 3h15 de route pour se rendre à Bar sur Aube.

Arrivé à la colline Saint Germaine vers 13h45. Ciel bleu. Vent NE 15 km/h environ. Quelques cumulus vers le sud-ouest. Une vingtaine de parapentistes avaient déjà décollé depuis 3/4 d'heure, et ils avaient disparu de mon champ de vision...

Bon, j'ai eu le sentiment d'arriver après la bataille, mais il fallait bien faire avec. Pour couronner l'affaire, le vent a complètement chuté au milieu de l'après midi, rendant toute tentative de décoller éligible à un plouf magistral. Un autre deltiste qui était arrivé après moi a manqué de patience et il a replié son aile.

Entre 15h30 et 16h, Bernard Gillon, communément appelé "Nanard", s'est élancé par trois fois avant de tenir en l'air, les deux premières s'étant soldées par un incident au décollage où on a dû aller le chercher en contre-bas.

J'ai décollé dans la foulée, il était 16 heures. J'étais le seul deltiste, ce qui suscitait d'autant plus facilement l'admiration de certains parapentistes devant cette aile "démesurée" qui décolle "comme un papillon" (avec toutefois un bonne dose de volets pour éviter de finir comme mon prédécesseur).

L'activité thermique, une fois repartie, était bonne. Toutefois, compte tenu de l'heure tardive et du temps raisonnable qu'il restait pour voler, un départ sur la campagne, et notamment pour rejoindre les cumulus vers le sud-ouest, m'aurait permis de parcourir tout au plus une centaine de km. Ce qui n'est déjà pas si mal en soi.

Mais étant toujours en récupe autonome, contrairement aux parapentistes, la distance possible ne m'est pas apparue suffisamment importante au regards des efforts nécessaires qu'il m'aurait fallu ensuite déployer pour retourner à mon véhicule, surtout en atterrissant dans la Bourgogne.

Donc j'ai préféré rester sage, en me contentant d'un vol en local qui n'en a pas moins été bien joli et fort sympathique, et qui m'a permis de retrouver mon véhicule dès la fin de la journée grâce à un "lift" d'un groupe de parapentistes.

Retour paisible et nocturne au logis, non sans m'être restauré à la pizzeria près de la mairie, dont le sourire de la patronne, elle aussi bien sympathique, mérite bien une halte dans son établissement.

Mon vol a duré 2h34. Altitude maximale ... 2318 m par rapport au déco, vers 17h au-dessus d'une grande forêt, donc 2633 m QNH !!  L'atmosphère était plutôt instable, mais pas assez humide pour produire ne serait-ce que des cumulus.  Octave, record d'altitude battu !! Tu as peut-être loupé qqch !! Quid de ton vol dans l'Oise ?!

Frédéric

dimanche 14 avril 2019

Lalandelle en avril

Lalandelle en avril, c'est "ne te découvre pas d'un fil...". Arrivée matinale des 2 premiers pilotes du club, le thermomètre de la voiture laissé en pole position sur le parking, indique 4°C.

Le seul parapentiste déjà présent sur le site sur le site tente de gonfler sa voile. Elle monte facilement puis joue la girouette en penchant à droite puis à gauche en rendant la manœuvre de décollage très aléatoire. Une attente de quelques minutes s'impose pour tenter de mettre d'accord les nombreuses faveurs piquées au bout du site ou sur les hauts arbres à gauche du décollage. Les directions du vent ne sont pas toutes pareilles surtout la gauche...

10 minutes plus tard nous voilà tous en l'air. Louis nous fausse compagnie au bout d'une minute pour atterrir en bas, sans doute persuadé qu'une remontée à pied lui fera le plus grand bien pour combattre le froid. Il ne nous faudra pas plus de quelques minutes pour le rejoindre après une panne temporaire du vent.

Après une remontée à pied rapide, nous constatons que nous ne sommes plus les seuls à vouloir voler sur ce site. Toutefois, comme les conditions de vents sont cycliques et départagent les pilotes ayant décollé entre ceux qui se retrouvent rapidement en bas ou au contraire volent haut, il n'y aura pas vraiment de sensation d'encombrement excessif sur le site


Après quelques descentes plus ou moins ralenties, avec atterrissage en bas ou au sommet, une pause s'impose. Malheureusement ce peut être l'occasion de se refroidir


Le vol d'après midi démarre bien pour moi puisque je monte comme dans un ascenseur, gagnant une cinquantaine de mètres en quelques fractions de minute sans avancer beaucoup vers la vallée.

Après avoir exploité les ascendances en zigzaguant sur toute la largeur du site, nous sommes quelques pilotes à tourner lentement dans un large thermique au dessus du décollage. Octave est le "pompe leader", et il suffit de voler dans sa direction en calculant la dérive importante du thermique pour progresser en altitude. Pour ma part je sais de quoi Octave est capable, avec ses 1900 m d'altitude réussis il y a 2 semaines à Clécy. En finale, Octave et moi sommes les seuls occupants de ce thermique.

L'apogée de notre vol se situera à plus de 900 m pout Octave et 760 m d'altitude pour moi. Et ce sera la rentrée vers le site mais avec une descente rapide et une progression lente vers le Nord Est. Gagnant :  Octave qui revient plus près du décollage, car parti de plus haut, en revanche on doit considérer que j'ai fait le cross le plus long puisque je me suis posé un peu plus loin du décollage. Vous ne retrouvez pas bien sûr de déclaration nous concernant sur la CFD.

Octave a triché un peu en décalant l'altitude du décollage

Ou si vous préférez voir des spaghettis ou des bretzels sur la carte


Et voici ma trace, comme vous pouvez le voir, il n'y a pas vraiment de différence, j'ai bien copié, sauf qu'étant gaucher, j'ai plus incliné ma feuille en dessinant...

Et dans un œcuménisme aérien complet, je rajoute la trace de Jean, lors de son premier vol de l'année en Alisé aux Noyers, son dessin de spaghettis est plus harmonieux mais bien plus réfrigérant car le sommet du vol était à 1200 m.

La vidéo n'est pas un chef d'oeuvre mais a le mérite d’être courte et vous n'entendrez aucun bruit de vent car la caméra était en mode silencieux.



BdlB

samedi 13 avril 2019

Fusibles à répétition



Week end  glacial. De très bonnes conditions étaient prévues le samedi 13 avril
pour tenter un vol de distance, par un vent de nord-est, finalement plus au départ de la Champagne que du Loiret. Les zones aériennes réglementées au-dessus de la Sologne gérées par Avord étaient inactives. La voie était donc libre vers le sud-ouest.

Michel M a envoyé son CR au groupe delta IdF et centre :

" Samedi 13/4 à Egry: Vent NNE-NE à presque Est (par moments seulement), environ 15 à 20 Km/h, environ 10°C au sol. Les jolis cumulus sont apparus progressivement.

Un sondage en ULM (vers 14 h 30) a donné:
- base 1800 m, -6°C (soit environ 0.9°C/100m)
- très bonnes ascendances (obligé de tourner dans les dégueulantes pour redescendre en ULM !)

Fred en Delta a fait deux tentatives de remorqué, mais les fortes ascendances (ajoutées sans doute aux turbulences du vent) dès les décollages ont eu raison des fusibles. Le froid s'est ajouté pour sa démotivation.

L'approche de la piste en ULM par le sud était très scabreuse avec les fortes turbulences dues au bois se trouvant au vent (je me posai ensuite en fin de piste pour les éviter !)

En regardant la CFD parapente on voit des très beaux vols en partant notamment près de Reims
(comme l'avait envisagé et proposé Fred), notamment un 302 Km (posé près de Châteauroux) qui, si je comprends bien, propulse le pilote à la 1ere place CFD parapente. "

Complément du compte rendu de Michel :

Il faut aussi préciser que compte tenu de l'orientation et de la force du vent, comme nous n'étions que deux (Michel et moi), il n'était pas question de décoller avec le chariot, car mon aile sur celui-ci aurait été difficilement contrôlable latéralement avant et pendant le roulage. Donc décollage à pied, aile face au vent, et en me décalant sur le chemin d'accès à la piste.

Mais avant cette opération, j'ai dû porter mon aile, d'abord depuis l'aire de dépliage à l'abri du vent jusqu'à la piste, et puis ensuite depuis l'extrémité nord de la piste jusqu'à celle du sud (et à reculons, pour garder le nez face au vent, voire planter carrément l'aile au sol quand il y avait des rafales). Et ceci, deux fois, car les fusibles n'ont pas cassé à 500 m sol, mais quelques secondes après le décollage pour la première fois, et à 100 m sol pour la seconde.

Le portage récurrent a généré une certaine fatigue dont mes épaules se souviennent encore (marques, boursouflures, légères douleurs...). Ce handicap, ajouté à la torture du froid prévisible à 1800 m, ajouté à la faible densité des cumulus pendant un bonne partie de l'après midi (1/8e au maximum, c'est seulement vers 18 heures qu'il y avait 4/8e), m'ont incité à renoncer pour la journée.
Les parapentes n'ont certes pas eu ces problèmes, et en décollant dès 11 heures dans un ciel déjà bourgeonnant, ils nous ont (encore une fois) bien mis la pige. Bravo à eux en tout cas.

Aujourd'hui (dimanche 14 avril), même topo qu'hier, moins de vent mais température toujours aussi froide, avec cette fois des cumulus partout (en IdF) à se demander pourquoi on n'est pas en l'air !
Le site de Chamery, d'où sont partis les parapentistes hier, est impraticable pour les deltas.
Je vais me renseigner pour savoir si, parmi les bases ulm existantes autour de Reims, ou peut-être à l'aérodrome de Prunay, certains pilotes accepteraient de remorquer des deltas. Ainsi on pourrait bénéficier aussi des bonnes conditions pour tenter des vols de distance quand celles-ci sont dans la Champagne et non dans le Loiret.


Michel M et Frédéric

jeudi 11 avril 2019

A quoi servent les oreilles

Salut les volants, premier biplace de l'année en soirée ! 


Vent soutenu à 20 km/h, annoncé forcissant 2 heures plus tard... déco "boule" nickel entre 2 rafales puis soaring 15 minutes et là le vent forcit (déjà... ), je lâche les trims à fond. Ça le fait 2 minutes puis on commence à ne plus avancer, puis reculer... Ni une ni deux à 80 M au-dessus du déco je mets la mire sur une pente décalée au Nord et en arrière pour poser au plus vite. 

Posé vertical aux oreilles avec le passager assis, tout va bien. J'attrape les C pour affaler, jusque-là tout va bien. Puis une rafale tire un peu et quelques suspentes C s'échappent, du coup on se fait tirer en arrière sur 3 mètres une première fois, je continue à tirer le côté qui me reste dans la main droite et une seconde rafale nous soulève (1/3 de voile ouvert) à nouveau sur 5 mètres et je parviens enfin à en ramener suffisamment pour qu'on reste au sol, la voile ayant pris soin de se vacher en arrière d'un buisson sans l'avoir touché. Le passager, un collègue du taf, n'a rien de plus qu'une trace de terre sur la manche et j'ai une éraflure due à la boucle du zip de mon pantalon qui m'a griffé juste au-dessus de la cheville...

J'ai amèrement regretté de ne pas avoir installé de maillon largable pour terminer ce vol qui se termine par un simplement un sketch, sans bobo, quitte pour une bonne leçon et surtout la commande d'un maillon pour éviter que cet incident ne se reproduise !



Voilà une bonne leçon sans autre conséquence que d'être encore plus prudent que l'on ne l'est déjà et d'apprendre encore et toujours (et sans bobo pour personne surtout !).

Comme le dit une expression que j'apprécie : everyday's a school day ;o )

Et le moral est bon, prêt à profiter du week-end pour bien checker la voile et repartir voler au plus tôt ☺

A très vite et bons vols à vous tous,

@lex


dimanche 7 avril 2019

Quatro pour un seul pendulaire

Ce dimanche, est une journée rêvée pour faire du motorisé, ou tout du moins nous n'avons pas identifié de site de vol libre praticable pour un vent d'Ouest, vent d'ouest, qui avantage supplémentaire est glacial...

Nos moyens de voler sont très étendus avec 2 pendulaires, une motorisation auxiliaire delta , un paramoteur et 3 voiles de parapente.

A l'arrivée sur le site nous constatons que le cultivateur exploitant le champ de bout de piste a largement contribué au développement de l'aviation ultralégère en déposant des amoncellements de produits d'amendement, destinés à créer un turbulateur de bout de piste et à forte emprunte olfactive. Le  but est bien de fiabiliser l'atterrissage, le pilote étant réveillé en finale par la conjonction d'une
bonne secousse et d'une odeur qui fouette.


Le paramoteur ira faire sa petite ballade dans le Vexin, scotché à 15 km/h face au vent et allant dûment vérifier que personne ne vole en libre sur le site de Saint Clair sur Epte.

Les rencontres en l'air seront rares et lointaines, ici l'Alizé donne l'impression de vouloir atterrir sur la route.


On ne manquera pas d'aller survoler aussi la carrière qui semble grignoter inexorablement une base de pratique de paramoteur.

Sur les 3 machines s'apparentant à des pendulaires, une seule volera. Le delta motorisé ropulcim restera sur le toit du minibus, son propriétaire ayant eu un grande accès de paresse après avoir joué à la méduse en paramoteur. Le monotrace attendra son aile Fuji, bloquée dans les hangars pour une sombre histoire de clefs embarquées par un pilote.

De ce fait, nous serons 4 à nous asseoir à chacun notre tour sur le siège de l'Alizé pour des promenades plus ou moins longues comme en témoigne la vidéo

BdlB